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Vive la crise !

Les impertinences d’Olivier Pichon

« Au-dessus des citoyens s’élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leurs jouissances et de veiller sur leur sort », écrivit Tocqueville… Macron, lors de son élection, se voulait en rupture avec ses prédécesseurs sur la croissance de l’Etat. Et, avec la crise sanitaire, le monde d’avant devait disparaître au profit du monde d’après. S’il est un domaine dans lequel on peut douter de ce discours, c’est bien celui de l’Etat et de sa sphère d’intervention qui ont considérablement progressé au cours de la crise, et l’on voit mal comment il pourrait revenir en arrière. La France se prépare de longues années de servitude « volontaire ».

En conséquence, le secteur public va continuer de croître et avec lui les « Etats profonds » qui n’ont aucun intérêt à ce que cela change.

Tous les gouvernements de droite comme de gauche depuis 1974 ont laissé filer la dépense publique ; on peut difficilement parler de dérive libérale de la France. Ce qu’on qualifie, à tort, de dérive libérale, c’est ce capitalisme monopolistique de connivence, cette copulation monstrueuse de la haute administration et de l’oligarchie financière.

Alexis de Tocqueville vu par Honoré Daumier.

Si cette sainte alliance pouvait profiter aux entreprises et à l’emploi, pourquoi pas ? Mais l’on voit bien que la rentabilité des entreprises françaises s’est amenuisée à l’exacte mesure des coûts d’un Etat omnipotent et impotent, la gestion de la crise sanitaire l’ayant démontré.

L’échec de l’institut Pasteur et de Sanofi, c’est un échec industriel au même titre que les autres (acier, EDF, automobile, etc.), la France a pourtant les infrastructures, les ingénieurs et les médecins pour agir. La cause de cette désindustrialisation pharmaceutique est-elle vraiment due à la concurrence des autres groupes pharmaceutiques, américains, anglais ou autres ? Ou bien est-elle due à la boulimie fiscale et administrative de l’Etat français (35 % d’emplois non thérapeutiques dans l’hôpital public) qui provoque cette double peine : son impuissance et son coût ? Nous frisons actuellement les deux tiers du PIB passant par ses mains empressées.

En France le remède sera… les impôts, un cercle vicieux qui n’empêche pas les prétentieux surdiplômés et aveugles de continuer à être grassement rémunérés pour nuire, sous couvert de bienfaisance et d’aide au pays, et toucher les dividendes de l’apitoiement. « La crainte du désordre et l’amour du bien-être portent insensiblement les peuples démocratiques à augmenter les attributs du pouvoir central » – Tocqueville encore… Cette caste ignore superbement que la croissance vient des entrepreneurs et des entreprises et non de la prédation technocratique.

Pire encore, cette progression de l’Etat s’est accompagnée, avec Macron, d’une atteinte grave aux libertés publiques, démontrant que « l’espèce d’oppression, dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde » – Tocqueville, toujours ! •

Olivier Pichon

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