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Un génocide culturel en cours dans le Haut-Karabagh

Après une guerre victorieuse dans le Haut-Karabagh en 2020, le gouvernement d’Azerbaïdjan est systématiquement accusé de mener sur ce territoire une politique de «désarménisation». Cette action se traduit entre autres par un phénomène que les Arméniens qualifient de génocide culturel. Il s’agit de destructions d’églises et autres monuments chrétiens, dont certaines ont été documentées par les journalistes occidentaux. C’est le cas par exemple de l’église Saint-Jean-Baptiste de Chouchi détruite après l’armistice et la prise de la ville par l’armée azerbaïdjanaise, ce que prouvent les photos aériennes prise avant cette date et trois mois après, en février 2021. Le 25 mars, un reporter de la BBC, Jonah Fisher, a averti le monde de la disparition complète d’une autre église à Mekhakavan (Jebrail). Sur une vidéo tournée avec un téléphone portable par les Azéris le jour de la prise de la ville en novembre 2020 et publiée ensuite sur les médias sociaux, on voit un soldat sur la tour de l’église Zoravor Surp Astvatsatsin en train de détruire sa croix et sa cloche en criant joyeusement « Allahu Akbar ». Quatre mois plus tard, cette église n’est plus.

On estime que sur le territoire occupé par l’armée azérie dans le Haut-Karabagh il y a au moins 1.456 monuments historiques et culturels arméniens, dont 161 églises. Le gouvernement arménien craint qu’ils ne partagent le destin des monuments systématiquement détruits depuis des décennies dans la région de Nakhitchevan où les Azéris ont fait disparaître au moins 28.000 monuments arméniens tels que des tombes, des croix de pierre sculptées appelées khatchkar et des églises.

Ces opérations d’effacement des traces de la culture arménienne s’inscrivent dans une opération de révisionnisme historique appelé «l’albanisation» du Haut-Karabagh. Pour légitimer leur droit historique sur ces territoires traditionnellement arméniens, les Azéris réécrivent l’histoire et proclament que ces terres appartenaient aux ancêtres des Azéris, les Albaniens du Caucase.

Cette dimension culturelle, souvent négligée, du conflit dans le Haut-Karabagh devrait pousser la communauté chrétienne à protester et à agir afin de sauver les vestiges du passé chrétien de cette région du Caucase.

Source : le site polonais wPolityce.pl

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