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Une droite à la bourre

Attentat de Rambouillet

La crise politique s’accentue

Le 271e mort des attentats islamistes depuis 2012 est une femme, une mère de famille, une fonctionnaire de police. Un triple symbole. L’assassin est un émigré clandestin arrivé en 2009 et ayant vécu chez nous pendant des années en hors-la-loi, puis bénéficiaire d’un titre de séjour, et partisan d’un « islam rigoureux » (sic), comme le dit son père. Un triple symbole, là aussi.

Sur cette même période 2012-2021, on compte 29 attentats islamistes « réussis », et des dizaines d’autres déjoués. Selon le procureur, il s’agit du 17e attentat islamiste visant spécifiquement les forces de l’ordre. Neuf policiers et militaires ont trouvé la mort, une vingtaine ont été blessés. La plupart des attaques ont été opérées au couteau de boucherie.

Jean-Marie Le Pen, “nemo propheta in patria”.

Le gouvernement par la voix de Darmanin a annoncé… une nouvelle loi. Là aussi, il faut bien y voir un symbole. Le symbole des fautes politique passées, et de l’impuissance actuelle.

A chaque attentat, un sursaut, une prise de conscience sont espérés. On y arrive, certes, mais le processus est très lent. C’est seulement depuis la décapitation de Samuel Paty que le lien entre immigration et terrorisme a cessé d’être totalement tabou, que l’expression publique d’un tel lien ne déclenche plus hystérie médiatique et poursuites pénales immédiates pour « propos haineux et discriminatoires ». Le thème du grand remplacement, la solution de la remigration, qui suscitaient (au mieux) un scepticisme poli, au pire la censure sur les réseaux sociaux, des injures et des menaces, sont à présent dans toutes les bouches.

Il n’est jusqu’à la droite dite de gouvernement, il n’est jusqu’à certains macronistes, jusqu’à certains hommes de gauche, qui se mettent à parler comme Jean-Marie Le Pen… il y a 20 ans, que dis-je, 40 ans plus tôt ! « Il faut d’abord cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration, il y a un lien, notamment avec l’immigration la plus récente », a assuré Pécresse sur Europe 1 dimanche. Pécresse est donnée gagnante face à Bardella dans 60 jours en Ile-de-France. Mais qui niait ce lien terrorisme-immigration il y a peu ? N’était-ce pas une dénommée Valérie Pécresse ? Ne s’était-elle pas éloignée du LR de l’époque Wauquiez à cause de la « droitisation » du discours de ce dernier, tout spécialement sur l’immigration ? A cause de son alignement supposé sur « les thèses du Front national » ? « On a des gens qui arrivent sans aimer la France », découvre Pécresse. Mais, qui trouvait « nauséabonds », il n’y a guère, les autocollants des Identitaires, du type : « La France, aimez-la ou quittez-la » ? Ce slogan est tout simplement le b.a.-ba d’une sage politique de remigration.

Attal, le porte-parole du gouvernement, a bien tenté d’user du vieil argument terrorisant, consistant à s’indigner à son tour de la « droitisation » de Pécresse, de ses discours nauséabonds, eux aussi, qui viseraient « à dresser les gens les uns contre les autres, à attiser la haine dans notre pays… ». Attal ne faisait que reprendre les mots que Pécresse tenait dans un passé pas si lointain contre Wauquiez, et ces mots étaient aussi ceux de Wauquiez contre le FN.

Mais qui attise la haine, et même la met en œuvre ? Jean-Marie Le Pen hier ? Marine Le Pen ou Jordan Bardella aujourd’hui ? Pécresse quand elle ose enfin appeler un chat un chat ? Ou le dénommé Jamel Gorchane, tueur islamiste ? •

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