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Variant Indian, état des lieux

Jeudi le ministère de la santé a annoncé que trois cas du variant indien du Covid-19 ont été détectés en France métropolitaine. Ces derniers jours, en Inde, la situation s’est aggravée avec plus de 15 millions de cas et plus de 200 000 morts. Les experts estiment que ces chiffres sont biaisés, seule une partie infime de la population étant testée. Le pays n’a pas les infrastructures pour faire face à la crise, n’ayant que 0,7 lit pour 1000 habitants contre 7 en France. Les hôpitaux manquent de médicaments et notamment d’oxygène, point crucial puisque le virus se fixe principalement sur les poumons. Ce point complique la situation dans un pays où la pollution a déjà gravement frappé les poumons des indiens. A cet ensemble de difficultés s’ajoute la communication gouvernementale, le premier ministre indien Narendra Modi déclarant que les hôpitaux ne manquent de rien, menaçant de contrôles policiers ceux qui réclament de l’oxygène. Le gouvernement demande aux médias de se référer « exclusivement à la version officielle de la situation ».

Dans les faits, qu’est-ce que ce nouveau variant ? Une première étude de l’Institut national de virologie de Pune donne des indications : le Covid-19, pour infecter son hôte, s’attache à la protéine ACE2, présente surtout à la surface des cellules pulmonaires. Il semblerait que le variant indien effectue cette opération plus facilement, augmentant la contagiosité. Autre point, il serait moins sensible aux anticorps neutralisants, donc plus létal. Mais ces premières études ne peuvent suffire pour déclarer le variant indien plus létal ou plus contagieux de façon inéluctable. Ce variant est aussi parfois présenté comme plus résistants aux vaccins. Soucieuse de sensationnel, la presse dominante française n’a pas résisté à l’envie d’imposer une image vendeuse de crématoires de fortune au sujet du variant indien. A noter que ce dernier est classé comme variant d’intérêt (VOI) et non variant d’inquiétude (VOC) comme ses cousins brésiliens, anglais ou sud-africains. Aux scientifiques et non aux médias de voir comment les choses évoluent.

Pour aider le pays face à cette nouvelle vague pandémique, l’aide internationale entre en action : Angleterre, Russie, Canada, Allemagne, Autriche… ont promis de débloquer des fonds et ont commencé à envoyer du matériel médical sur place, comme des concentrateurs d’oxygène, des respirateurs,… Washington a de son côté a promis de débloquer 100 millions de dollars en tests de dépistage, masques de protection N95 et doses vaccinales. La France a également promis une « opération de solidarité ». Mais les experts doutent du réel impact de ces mesures internationales au vu du gigantisme du pays et de la crise. Comme dit le proverbe indien: « Mauvaise serrure attire le crocheteur ».

Cyril Ferrier 

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