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Colère bleue

Ce n’est que du ressenti. Tout va bien

Le meurtre de trop ? Éric Masson juste après Stéphanie Monfermé, cela fera-t-il enfin réagir les Français ? La gauche, elle, s’obstine à parler de “sentiment d’insécurité”…

France Info reste fidèle à ses engagements. Radio d’Etat, de service (sic) public (sic), elle a réussi, pour nous commenter l’assassinat du policier Eric Masson, à sortir de son placard le dénommé Sebastian Roché, un sociologue qui avait été viré en 2019 de l’Ecole nationale supérieure de la police.

Il se présente habituellement comme un spécialiste des bavures policières, et France Info, France Culture et autres lui donnent régulièrement la parole afin qu’il puisse développer sa thèse selon laquelle les policiers commettent de nombreuses violences, des bavures régulières, et ne sont jamais sanctionnés ou insuffisamment. Roché se répand aussi beaucoup dans Libération. Il y explique habituellement que la police a perdu sa légitimité du fait de ses violences. « Ce n’était jamais arrivé en France à cette échelle. Une partie de la population, des journalistes, des avocats, des universitaires estiment que c’est illégitime. La défiance vis-à-vis de la police est alimentée par sa violence. »

Avec l’assassinat d’Eric Masson, survenu peu après le meurtre de Stéphanie Monfermé à Rambouillet, on aurait pu penser que Roché mesurerait ses propos.

Non, il enfonce le clou, puisqu’on lui donne la parole.

Il se présente comme le spécialiste du « sentiment d’insécurité ». Sa thèse sociologie était précisément consacrée au « sentiment d’insécurité ». Et il est vrai qu’il peut y avoir des écarts entre l’insécurité réelle et le sentiment d’insécurité. Dans certaines villes, dans certains quartiers, le sentiment d’insécurité est très fort, alors même que la région, elle, est globalement préservée. Mais on vit plutôt le phénomène inverse, actuellement : journalistes et classe politique ont un sentiment de sécurité, qui va plutôt à l’encontre de ce que vivent les Français. Il est vrai que M. Toubon, l’ancien défenseur des droits, dans sa propriété de l’île de Ré, a environ mille fois moins de risques que l’habitant de La Courneuve d’être confronté à des agressions. Roché cite des « avocats, journalistes universitaires » qui ne ressentent pas ce sentiment d’insécurité. On veut bien le croire. C’est une question de domiciliation, et c’est une question de moyens.

Une indécence propre à nos radios étatiques

Roché en tire la conclusion qu’il s’agit d’un simple sentiment d’insécurité. Pour Roché, il y a une « stratégie de cliver sur les questions d’insécurité ». Il n’est pas certain que la famille d’Eric Masson et celle de Stéphanie Monfermé partagent ses conclusions. Les criminologues (Xavier Raufer, Alain Bauer, notamment) n’entérinent pas non plus ce diagnostic optimiste.

Mais peu importe, les chiffres peuvent parler. A condition qu’ils soient donnés. Car il est remarquable de noter le mutisme sur les indicateurs de non-qualité de la vie en France que constituent les statistiques sur la criminalité.

Ce qui est beaucoup plus problématique, et qui constitue une indécence propre à nos radios d’Etat, c’est de venir nous parler de sentiment d’insécurité, de stratégie de clivage de la droite et de l’extrême droite, alors que l’actualité nous apporte chaque jour son lot d’agressions d’islamistes ou de trafiquants de drogue (ou les deux à la fois), et il est indécent d’évoquer les violences policières (qui peuvent certes exister, on l’a vu avec les Gilets jaunes) au moment précis où sont enterrés deux policiers.

Mais il faut bien reconnaître que, dans le domaine du discours démagogique et anti-police, du discours de stigmatisation des violences policières, l’exemple est venu de haut, de très haut. •

 


Le crime d’Avignon

Le policier Eric Masson a été assassiné mercredi. Dimanche soir, quatre suspects, liés à ce trafic de drogue, et dont trois semblaient tenter de fuir vers l’Espagne, ont été interceptés. Ils seraient âgés d’une vingtaine d’années. Le meurtrier pourrait figurer parmi eux.

Le policier, âgé de 36 ans, était père de deux fillettes de 5 et 7 ans.

L’assassinat d’Eric Masson va-t-il être le meurtre de trop, celui qui devrait conduire les Français à manifester leur ras-le-bol de cette insécurité et de ces violences, de cette immigration sauvage, de cet islamisme, et de ce laxisme, qui sont le terreau de la majorité de ces crimes ? On l’a dit du Bataclan, on l’a dit de l’assassinat du colonel Beltrame, de celui de Samuel Paty, de celui de Stéphanie Monfermé, et de tant d’autres. Le meurtre de trop… Et en effet trois mille à cinq mille personnes étaient rassemblées dimanche devant le commissariat d’Avignon (voir l’article de Franck Delétraz, ci-dessous) pour rendre hommage au policier, et manifester leur refus de ce monde de violences, subi au quotidien.

Mais qui a oublié que, le 1er mai, plusieurs centaines de jeunes anarcho-communistes battaient le pavé de Paris en hurlant : « Tout le monde déteste la police » ? Et qui peut accepter que, sur France Info, un sociologue vienne nous expliquer ce dimanche, au moment précis où les habitants d’Avignon se recueillaient, que tout cela n’est qu’un vaste « sentiment d’insécurité », non une réalité (voir ci-dessous). ?

La colère gronde, dans la police comme dans l’armée, et aussi chez une majorité de Français. •


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