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Le mistral gagnant

Elections régionales de juin : il se passe quelque chose

Ces élections régionales (et départementales) ne ressemblent à rien de connu. Jusqu’à ces dernières semaines, les partis se mettaient en ordre de bataille, – plutôt mollement, COVID oblige – , les listes se constituaient, et une esquisse de « front républicain » nous était annoncée, comme d’habitude. Soudain tout s’est emballé.


Quand et comment cela a-t-il commencé ? Difficile à dire. Le premier coup de semonce, dans le paysage mainstream, a sans doute été cet effondrement de LR en région PACA, ce sauve-qui-peut général, qui a vu les principales figures de la « droite respectable » abandonner LR dans un contexte d’accords secrets mis au point directement avec Macron, l’été précédent, au fort Brégançon. Puis nous avons eu droit au capharnaüm dans la région Hauts-de-France, et aux appels à la rescousse des poids lourds de LREM, alors qu’une déroute sans précédent pour le parti au pouvoir était annoncée. Aujourd’hui c’est chez les LR du grand Est que l’anarchie semble progresser. De grandes figures de la droite de gestion mais aussi de conviction, une Nadine Morano ou un Jean-Louis Masson, se situent désormais à des années lumière du conglomérat politique qui dirige la région sous la houlette de LR. De toute la France, nous parviennent ainsi des informations sur la défection d’élus, de militants, de compagnons de route de LR.

Du côté des « marcheurs », la fébrilité n’est pas moindre. Les sondages se suivent, catastrophiques, et les annonces trop précoces des futures fusions des listes LR et LREM ont éventé les stratégies des états-majors.

A gauche, les rassemblements qui avaient si bien réussi aux écologistes lors des municipales sont sur le point d’échouer cette fois-ci. Certes des ralliements s’opèreront au second tour, mais la dynamique n’y est plus.

Enfin, quand l’actualité – dramatique – vient donner raison aux plus pessimistes lanceurs d’alerte de la droite nationale, la gauche, le centre et LR en perdent leur latin.

Marine Le Pen est partie en campagne avec un RN toujours aussi isolé, dans la classe politique, peu mobilisé du point de vue militant. Et il semblait que l’enjeu, pour ce parti, était de pouvoir enjamber sans trop de dégâts des élections de terrain, défavorables par essence à une organisation faiblement représentée dans les régions, comptant peu d’élus sortants. Ceci afin de concentrer ses forces sur la présidentielle.

Ralliement de l’ancien patron de la DST Yves Bonnet

Or sondages après sondages, ralliements après ralliements (les derniers en date : le journaliste Philippe Ballard, l’ancien préfet et patron de la DST Yves Bonnet, et Florent de Kersauson), le RN connaît une progression inattendue. Même les journalistes de Présent, toujours circonspects, le constatent, sur le terrain. Il existe certes une frange de la droite la plus radicale qui ne se reconnaît pas dans le discours consensuel de la présidente du RN, et c’est normal. Mais les médias et les Dupont-Moretti ou équivalents des autres partis se chargent de caricaturer suffisamment ses propos pour éviter qu’une concurrence n’émerge sur sa droite. Globalement le RN conforte l’unité de l’électorat de la droite de conviction, tandis que Debout la France semble sur le point de disparaître des radars. Les sondages sortis mardi soir qui donnent le RN gagnant en PACA dans tous les cas de figure ont constitué un premier séisme. Notons que le site de Présent avait donné l’information extrêmement tôt, provoquant une multiplication par cinq instantanée des visiteurs.

Il reste à gérer avec subtilité, intelligence, mesure, les quelques situations où des listes patriotiques pourraient se trouver en concurrence. L’heure est trop grave pour que ces cas ne trouvent pas une issue favorable pour tous. •

PACA : les sondages prédisent une défaite du « camp du bien »

Le Figaro puis France Info ont rendu publics des sondages qui provoquent un véritable séisme dans la classe politique régionale. Mais l’onde de choc va bien au-delà.

Le sondage du Figaro prédit une place en tête pour la liste RN de Thierry Mariani, avec un score de 36 à 38 % selon les listes en présence. Le sondage France Info place également la liste Mariani en tête, dans une fourchette de 37 à 39 %, en fonction, là aussi, des hypothèses de listes qui lui seraient finalement opposées.

Le sondage du Figaro s’intéresse aussi au second tour. Avec une triangulaire (RN-gauche-alliance LR/LREM), la liste de Thierry Mariani battrait la liste Muselier. (41 % contre 39 %).

Autre information intéressante : les électeurs du RN sont les plus déterminés. On le savait déjà par d’autres enquêtes. Mais cette information est d’autant plus précieuse que la liste RN est pour l’instant donnée gagnante : 84 % des électeurs RN sont certains d’aller voter pour cette liste, de ne pas changer d’opinion. Chez les électeurs LREM, ils ne seraient que 63 % à avoir une telle certitude, et 62 % seulement chez ceux de LR.

Enfin les instituts de sondage constatent qu’une alliance LR/LREM, avant ou après le premier tour, ne créerait, pour l’heure, aucune dynamique.

Une seule hypothèse n’a pas été testée : la reconstitution d’un « front républicain » parfait, comme en 2015. Mais le risque est immense, pour la gauche, d’être absente six ans de plus de l’assemblée régionale, sans pour autant être certaine que la liste RN soit battue.

Les deux sondages, connus vers 18 heures mardi, ont littéralement assommé les chefs de file des autres listes. Personne ne voulait se risquer à les commenter. Pendant ce temps, dans les Hauts-de-France, les écarts entre la liste Chenu (RN) et la liste Bertrand (LR) semblent se resserrer. •

 

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