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Descente de police

Darmanin hué mardi par 35 000 policiers, lui que se croyait en pays (re)conquis

La manifestation des policiers, mardi, se voulait d’abord une réaction à l’assassinat de deux d’entre eux, Stéphanie Monfermé à Rambouillet, par un islamiste, et Eric Masson, quelques jours plus tard, à Avignon, par un trafiquant de drogue issu de la « diversité ».

Personne ne s’était aventuré à imaginer combien de manifestants se rassembleraient devant l’Assemblée nationale pour soutenir leur police. Personne n’était capable de prédire si Darmanin, qui avait annoncé sa participation, y serait applaudi ou conspué. Beaucoup de policiers avaient appris que la manifestation serait sous contrôle, « institutionnalisée », car pilotée par Darmanin lui-même, avec le soutien actif des réseaux maçonniques très puissants dans la haute hiérarchie policière.

L’information était sans doute exacte, mais le résultat est là : la foule était infiniment plus importante que prévu, plusieurs dizaines de milliers de personnes, 35 000 selon les organisateurs ! On attend « les estimations de la police », mais il est vraisemblable qu’elles ne seront guère éloignées… Quant à Darmanin lui-même, tout organisateur qu’il ait peut-être été de cette manifestation, non seulement il n’a pas été applaudi, mais il a au contraire été bel et bien hué, chahuté, traité de noms d’oiseaux !

Pourtant, tout avait été fait pour que le rassemblement ne puisse être « récupéré » par des partisans du Rassemblement national ou des adeptes de « l’idéologie sécuritaire » : tous les syndicats de police, de droite comme de gauche, avaient été mobilisés. Tous les partis politiques avaient annoncé leur participation, à l’exception des mélenchonistes et des écologistes. Marine Le Pen avait pour sa part demandé à ses élus de participer à la manifestation. On y a vu notamment Jordan Bardella. Eric Zemmour avait aussi prévu d’en être.

Darmanin est donc venu, en effet, mais, loin d’en tirer les fruits qu’il espérait, il a bel et bien été sifflé, pris à partie par une foule considérable. Les « violences policières » dont ce calamiteux délateur et son président se sont faits les dénonciateurs avaient un goût d’abandon pour les policiers. Quand on sait que le même sentiment est ressenti au sein de l’armée, et jusque dans le corps préfectoral, on mesure l’échec de la macronie, sur ce terrain, ce qui n’a pas de précédents connus Même sous Mitterrand ou sous Hollande, même avec des ministres communistes au gouvernement, une telle défiance ne s’était jamais rencontrée.

Partis de gauche : la plus incroyable des cacophonies

Darmanin n’a rien gagné en tentant de prendre symboliquement la tête de ce mouvement de mécontentement. Non seulement il n’a rien gagné, mais il a perdu gros. Comme l’écrit très justement Le Figaro, en descendant dans la rue avec les policiers en colère le pouvoir a en quelque sorte certifié sa propre impuissance.

Autres grands perdants de la journée : les partis de gauche, qui ont fait entendre la plus incroyable des cacophonies, avec les formules de Mélenchon à l’emporte-pièce, les Verts déchirés par la présence annoncée de Jadot en dépit d’une opposition frontale de la quasi-totalité des autres cadres du parti. Chez les communistes, c’est aussi la division sur cette question. A trente jours des régionales, tout cela est de très mauvais augure pour eux, alors que les sondages placent la sécurité au premier rang de la préoccupation des Français. •

Claude Louis (sur place) et Francis Bergeron


Les propositions du RN

par Jordan Bardella, député européen et vice-président du Rassemblement national

« Les policiers aujourd’hui sont en colère. Ils ne se sentent ni soutenus, ni protégés par l’Etat. Il faut leur accorder une protection juridique, la présomption de légitime défense et, d’une manière plus générale, sortir du laxisme qui règne depuis trop longtemps à la fois à la tête du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Justice.

Je pense que nous vivons une crise de l’autorité qui ne concerne plus seulement le domaine de la sécurité mais aussi l’éducation, l’école, les familles. Si Marine Le Pen est élue présidente de la République, elle fera du retour de l’autorité sa principale mission du quinquennat. Il faut donner l’ordre aux forces de l’ordre d’intervenir dans ces zones de non-droit qui se multiplient sur le territoire et mettre en place les conditions d’un écosystème pénal qui soit un écosystème de fermeté. Nous proposons tout un tas de mesures pour rompre avec le laxisme, qui vont des peines planchers à la création de places de prison, au recrutement de mille magistrats supplémentaires et à l’arrêt de l’immigration qui a un poids considérable aujourd’hui dans la délinquance : 75 % des mineurs déférés devant le parquet de Paris sont des mineurs étrangers. A un moment donné, il faut donc aussi mettre ce lien sur la table et être capable de protéger les Français en rétablissant des frontières nationales.

Le diagnostic, tout le monde le partage ; maintenant, l’urgent, c’est d’agir et de protéger les policiers pour qu’ils puissent ensuite protéger la société. » •

Propos recueillis par Hélène Rochefort


Constat de la situation actuelle des policiers

par Cyril Hemardinquer, policier, porte-parole du syndicat FPIP et tête de liste RN pour les régionales à Orléans

« Rien n’est fait depuis quarante ans car il faut un certain courage politique pour appliquer les mesures qui s’imposent, notamment en matière de traitement de la délinquance, tant sur l’aspect préventif que répressif. […] J’attends une jurisprudence où un policier, en situation de légitime défense, faisant usage de son arme, n’est pas traité comme un criminel, n’est pas vendu à la vindicte populaire avec un pouvoir politique qui soutient les voyous plutôt que ses forces de l’ordre. Le gros problème en France ne vient pas du Code pénal et des lois, toutes très bien faites. Il vient de ceux qui les appliquent c’est-à-dire les magistrats, les ministres de la Justice successifs qui n’ont jamais eu le courage politique de rappeler à l’ordre ces magistrats qui à chaque fois interprètent à leur sauce les lois et trouvent des excuses aux délinquants sans jamais prendre en compte les victimes qui, elles, psychologiquement, prennent perpétuité.

[…] Aujourd’hui être policier sur la voie publique, c’est s’exposer à des sanctions administratives, voire à des sanctions pénales, pour avoir tout simplement fait son travail. Si dans les derniers sondages on voit que 74 % des policiers actifs soutiennent Marine Le Pen, ce n’est pas un hasard : c’est la seule personnalité politique qui veut leur redonner les moyens d’exercer leur fonction dignement, qui veut tout simplement que les policiers puissent faire appliquer l’ordre républicain dans la rue. » •

Propos recueillis par Hélène Rochefort

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