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Porque te Valls ?

« Moi je m’appelle Manuel Valls ». La rengaine sur l’air du titre « Moi Lolita », sortie du cerveau des animateurs de l’émission satirique catalane « Polonia TV » a fait le tour de France, de Navarre et d’Espagne. Moquant ouvertement les revirements et atermoiements de l’ancien Premier ministre qui avait pourtant annoncé s’installer « définitivement en Catalogne ». Avant d’annoncer son « départ définitif » de la mairie catalane deux ans plus tard. « Mon temps de conseiller municipal est révolu (…) Maintenant, je sais que je suis majoritairement français : dans mes valeurs, dans ma façon de penser et de faire de la politique », expliquait-il au quotidien espagnol El Mundo.

Son aventure barcelonaise dans la course à la mairie s’était soldée par un échec retentissant – il avait fini 4e avec 13 % des voix –, et lui avait à peine garanti une place dans l’équipe municipale de la mairie. S’il peut se targuer d’avoir grandement contribué à l’échec des indépendantistes catalans, difficile de camoufler l’échec de son parcours caractérisé par une errance idéologique à l’image d’un parti socialiste qui ne sait plus où il habite. En deux ans, Manuel Valls est passé de l’Intérieur à Matignon puis de candidat malheureux à la primaire socialiste, sèchement battu par Benoît Hamon, pour finir député après avoir bataillé désespérément dans sa circonscription d’Evry qu’il a conservée à une poignée de voix près, notamment face à Francis Lalanne et Dieudonné M’Bala M’Bala.

Ainsi, Valls est revenu sur sa résolution, il avait voulu changer d’air, il a fini dans un cul-de-sac. Le voilà donc sur le chemin du retour, comptant sur son nouveau livre Pas une goutte de sang français publié aux éditions Grasset. Un livre qui dénote le nombrilisme et dont l’objectif est simple : rétablir l’honneur du soldat Valls. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. « J’ai vieilli. J’ai appris. J’ai l’expérience du pouvoir, du succès, de la chute, du rejet. Et si un jour je pouvais être utile, dans certaines conditions, au nom de quoi le refuserais-je », écrit-il dès les premières pages. Humble, il ajoute néanmoins « Je le dis d’autant plus facilement que ce n’est pas l’objet de ce livre. » On tousse. Toutefois, l’homme a réactivé ses contacts, on voit sur les réseaux sociaux que ses amis du Printemps républicain s’activent pour lui ménager un nouvel espace politique. Et il est tout trouvé : jouant sur son image de ministre de l’Intérieur inflexible et de Premier ministre autoritaire, il se pose en tenant d’une gauche dure, laïque, chevènementiste. Une gauche barbelée pour détrôner la gauche indigéniste. Sauf que cela fleure le recyclage marketing, on est à deux doigts du sketch des Inconnus sur les publicitaires : « On a hésité entre dehors les Arabes et bienvenue aux immigrés, on a trouvé un compromis : Maghrébins, ne partez pas tout de suite. ». C’est un peu le drame de Valls, à force de se croire attendu partout, on finit par n’être reçu nulle part. •

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