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Solennité de la Fête-Dieu

« Ô Dieu, vous nous avez laissé sous un sacrement admirable le mémorial de votre passion : accordez-nous, nous vous en prions, de vénérer les mystères sacrés de votre corps et de votre sang ; de manière à ressentir toujours en nous le fruit de votre rédemption. »

La collecte de la messe de ce jour a été composée par saint Thomas. Ne la lisez pas trop vite. C’est un chef-d’œuvre de profondeur théologique. Aussi brève qu’incisive, elle synthétise tout ce qu’est le sacrement de l’autel.

Admirable en effet est ce sacrement ! A la différence des autres sacrements qui produisent seulement la grâce au moment où on les reçoit dignement, l’Eucharistie est l’Auteur même de la grâce, lequel, même en dehors du moment du saint sacrifice ou de la sainte communion, prolonge sous les voiles eucharistiques sa demeure parmi nous.

Admirable est aussi ce sacrement car il nous est donné par le mémorial de la passion : le sacrifice de l’autel, non sanglant mais véritable et réel, commémore le sacrifice sanglant du Calvaire dont il est la continuation mystique, et dont il nous communique les mérites. « Vous ferez cela en mémoire de moi », avait dit le Christ, après chaque consécration du pain et du vin. La messe est un sacrifice. Le sacrifice sur la Croix et le sacrifice de l’autel, perpétué jusqu’au dernier prêtre, ne font qu’un… Cette unité fait que la chair de cet Agneau de Dieu, immolé sur la Croix, devient véritablement une nourriture et un breuvage pour le chrétien qui s’unit au sacrifice du Fils de Dieu.

Jésus a voulu instituer l’Eucharistie sous forme de sacrifice pour épancher ainsi son amour. Après sa résurrection, ne pouvant plus chaque jour, à tout instant, s’immoler douloureusement pour nous, il a voulu nous appliquer continuellement les mérites de sa passion et de sa mort, en ordonnant aux prêtres de l’offrir sans cesse, jusqu’à sa venue finale. Le sacrifice de la messe ne peut être escamoté… notre cœur ne peut s’habituer. La charité que Jésus a eue pour les hommes s’est exprimée une fois pour toutes sur la Croix, et il a voulu que cette immolation ne soit pas un événement passé dans les siècles lointains de l’histoire, qui n’éveillerait plus une impression profonde en nous. Cet acte de sa suprême charité envers les créatures est à chaque messe sans cesse renouvelé sur les autels.

« Accordez-nous, nous vous en prions, de vénérer les mystères de votre corps et de votre sang. » Souvenons-nous, comme le suggère saint Thomas, qu’il ne s’agit pas d’une froide commémoraison du Calvaire, mais de la présence bien réelle de ce corps et de ce sang qui, sur la balance de la Croix, représentèrent le prix de notre rachat. •

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