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Tonnerre de Brest

Régionales J-4 – Même la Bretagne !

La Bretagne est en principe un imprenable bastion de gauche. Il y a des zones rouges, carrément communistes (Trégor et Haute Cornouaille), et la déviation progressiste du clergé a fait le reste : depuis 2004 la région est socialiste. Mais les derniers sondages sidèrent : c’est le RN qui pourrait virer en tête dimanche ! Et Le Drian panique pour le second tour.

Les médias et les politiques se sont fortement focalisés sur les régions susceptibles d’être gagnées par le RN, et celles dont les sortants sont des personnalités emblématiques. Au fur et à mesure que les sondages notaient une montée en puissance du vote RN, d’autres régions qui auraient une chance ou un risque (selon les points de vue) de basculer du côté des partisans de Marine Le Pen sont désormais scrutées avec attention.

Mais, pour la Bretagne, les choses paraissaient pliées : elle resterait à gauche, en relais de l’ancien ministre socialiste et actuel ministre LREM Jean-Yves Le Drian, l’homme fort local.

Or les derniers sondages nous dessinent un paysage politique inédit. Le RN est donné actuellement à 20 %, un niveau qui dépasse ses scores habituels. Qui plus est, l’émiettement des autres courants, leur division, lui laisse même une chance de gagner !

Treize listes sont en compétition, deux se recommandent officiellement de Le Drian : la liste de Chesnais-Girard, le président socialiste sortant de la région, et celle de Thierry Burlot, LREM. Les sondages les donnent toutes deux à 19 %. Les deux hommes sont à peu près sur la même ligne politique, mais ils se détestent. Jusqu’à refuser une fusion ou un désistement au second tour ? C’était l’hypothèse la plus probable jusqu’à présent. La liste LR serait pour sa part, à 14 %, la liste écolo à 12 %, et une liste mélenchoniste est à la traîne, à 5 %, susceptible toutefois de pouvoir réclamer elle aussi des sièges en cas de front républicain général si elle atteint ce score dimanche.

Quant à la liste RN de Gilles Pennelle, une figure historique de la droite nationale, elle sort donc actuellement en tête. Ce serait déjà en soi un score magnifique, qui pourrait peut-être se transformer en victoire historique, avec un maintien des listes au second tour.

Le Drian ne s’y est pas trompé, qui vient donc de sommer la liste socialiste et la liste macronienne de fusionner dans le cadre d’une « paix des braves », dès lundi, pour faire barrage au RN. Mais il aurait mieux fait d’attendre dimanche soir pour cette mise en demeure.

Car, avec un peu de chance, cette fusion, exigée avant même que les électeurs ne se soient prononcés, pourrait avoir les mêmes conséquences catastrophiques pour le camp macrono-socialiste que celle, réclamée trop tôt par Castex pour la région PACA, dans le camp macrono-LR, face à Mariani.

L’injonction de Le Drian (qui ne sera d’ailleurs pas forcément suivie d’effet) constitue en fait un coup de pouce inespéré à la liste de Gilles Pennelle.

Notons au passage que Richard Ferrand, le président maçon de l’Assemblée nationale, issu du PS, figure en troisième position sur la liste macronienne, ce qui est désormais un handicap pour cette liste, presque aussi lourd que la présence de Darmanin et Dupond-Moretti sur la liste LREM du Nord-Pas-de-Calais. •

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