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Dépression et des meurtres

S’oriente-t-on vers un crime sataniste ? En début de semaine, le corps démembré et partiellement mangé de Romain, 13 ans, a été retrouvé à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône dans une macabre mise en scène sataniste d’après plusieurs sources. Le principal suspect : un Tarasconnais d’une trentaine d’années, Arthur, tout juste sorti d’hôpital psychiatrique et terrorisant tout le quartier depuis plusieurs jours. La question se pose inlassablement et revient sans cesse ; elle doit habiter la mère de l’enfant assassiné : que faisait-il dehors ? Le psychiatre qui avait demandé son hospitalisation était convaincu que son cas méritait un enfermement longue durée, la mairie s’est mobilisée pour protéger au mieux ses administrés et faire les signalements adéquats. Cinq jours après, Arthur était dehors.

Quelques jours auparavant, Marc F avait pris le maquis après avoir assassiné la femme qui refusait ses avances ; quelques semaines auparavant, un jeune père de famille débaroulait dans l’entreprise qui l’employait pour abattre deux de ses collègues ; encore précédemment, un homme lourdement armé abattait trois gendarmes venus constater des violences conjugales.

On entend depuis plusieurs semaines les professionnels de santé alerter sur les effets psychiatriques et psychologiques de cette épidémie sur des esprits faibles. Le moment est venu de payer l’addition. Une addition salée car se rajoutant à ce solide et palpable « sentiment d’insécurité » qui empoisonne le quotidien des Français. Fin 2020, une enquête menée sur 70 000 étudiants a rendu un verdict affolant : les résultats montrent que 43 % des étudiants interrogés présentent au moins un trouble de santé mentale. A savoir : 11 % des participants sont sujets à des idées suicidaires, 22 % ressentent une détresse profonde, 25 % subissent un niveau élevé de stress, 16 % souffrent de dépression sévère et 28 % témoignent d’un niveau d’anxiété élevé. Les conséquences sur les personnes souffrant déjà de psychopathologie sont donc elles aussi terribles. Outre le fait que cela relancerait potentiellement le débat sur les bénéfices risques d’un tel confinement, on peut aussi à nouveau alerter sur l’état du secteur psychiatrique en état (mais y a-t-il une branche du service public qui ne l’est pas ?) de délabrement avancé. Le député Insoumis François Ruffin avait tiré la sonnette d’alarme après sa visite à la structure d’Amiens et avait déposé une proposition de loi en ce sens. Récemment, l’ex-député UMP Nicolas Dhuicq, médecin psychiatre, avait alerté sur l’idéologie dominante qui à l’instar du laxisme carcéral, favorisait les sorties prématurées : « Ces failles sont dues au pouvoir public, à mes aînés en particulier, sur le secteur qui pour des raisons idéologiques ont voulu diminuer le nombre de lits d’hospitalisation pour créer une psychiatrie beaucoup plus ambulatoire. Certes, c’était une idée noble, mais que les patients psychotiques paient très lourdement. Je rappelle que ce que nous appelons les schizophrénies représentent 1 % de la population en général. Dans ce 1 %, un tiers n’aura jamais à faire au psychiatre et un autre tiers aura besoin de manière continue de soins voire d’être hospitalisé ou d’être dans des structures qui vont l’aider. » Si entre deux flashs de QR Codes, l’exécutif veut se pencher sur un dossier brûlant, on a une liste… •

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