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14e dimanche après la Pentecôte

Cherchez d’abord le royaume de Dieu…

Notre Seigneur nous apprend à ne pas être prisonniers du souci, de toutes ces sollicitudes qui nous maintiennent dans une agitation si étrangère à la paix de l’âme. « Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ; ni pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus »

La doctrine évangélique de l’insouciance, comme cette idée d’une pauvreté consentie, est paradoxale par rapport au système de valeurs communément admis, et sans doute scandaleuse pour l’homme moderne qui se soucie pour beaucoup de choses : l’accumulation des richesses, l’augmentation du confort, la santé et la maladie, la guerre et la paix… A cela Notre Seigneur répond : « La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? »

Ainsi Saint Thomas dit que l’inquiétude naît de l’avarice. Lorsque l’amour excessif de la possession des richesses est dans le cœur, il engendre l’inquiétude, introduit chez l’homme le souci et les préoccupations superflues pour l’avenir.

« Il y a un temps et un moment pour tout. » Si le Seigneur interdit une telle sollicitude, disant, « Ne soyez pas en souci du lendemain », il ajoute : « Demain se souciera de lui-même »… A chaque jour suffit sa peine.

Derrière ces conseils du Seigneur, il y a une vision théologique du monde. C’est d’ailleurs ce qui oppose tellement le Christ au monde tel que nous le connaissons : l’homme n’est pas seul, jeté, abandonné à lui-même et au néant. Non seulement Dieu est créateur du Ciel et de la Terre, mais il maintient dans l’être sa création et il la gouverne : il est pour l’homme comme un père. Pour concevoir cette présence de Dieu à sa création, il suffit de regarder le lys des champs ou encore l’oiseau du ciel. La beauté et l’harmonie de la création est la manifestation la plus évidente du gouvernement divin à qui rien n’échappe.

Notons enfin que si le Seigneur nous enseigne cette divine insouciance, il ne prône ni l’oisiveté, ni la paresse. Paul, sans contredire le divin maître, rappelle la nécessité humaine du travail. Non en lui donnant cette importance qu’on lui donne aujourd’hui où il est devenu fin en soi et identité première de l’homme, mais en le limitant à sa dimension véritable : le travail n’est qu’un moyen de vivre. « La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » •

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