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Le marchand de tapis

Macron au sommet de Bagdad

Seul Occidental présent à la réunion de la Ligue arabe à Bagdad, Emmanuel Macron a assuré être aux côtés de tous, chrétiens, sunnites, chiites, yézidis… Bonne volonté ou poudre aux yeux ?

De notre correspondant au Liban. – Emmanuel Macron s’est rendu samedi en Irak pour la seconde fois depuis un an afin d’y assister à la première réunion de la Ligue arabe dans ce pays depuis l’invasion du Koweït par Saddam Hussein en 1990, et également la première à être présidée par un chiite, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi. C’est aussi la première fois depuis 2016 et la rupture des relations diplomatiques entre Téhéran et Riyad que le ministre iranien des Affaires étrangères et son homologue saoudien, farouchement opposés dans les dossiers libanais, yéménite et syrien, se retrouvaient face à face.

Les promesses n’engageant que ceux qui les écoutent, la Turquie, l’Egypte, la Jordanie, le Koweït et le Qatar ont affirmé leur volonté de renforcer la « lutte contre le terrorisme » tandis qu’Emmanuel Macron, seul Occidental à avoir fait le déplacement, a confirmé le maintien de la présence militaire française dans la région : « Quels que soient les choix américains, nous maintiendrons notre présence pour lutter contre le terrorisme en Irak, aussi longtemps que les groupes terroristes continueront à opérer et aussi longtemps que le gouvernement irakien nous demandera cet appui. Nous avons les capacités opérationnelles pour assurer cette présence », a-t-il déclaré avant de poursuivre en appelant à « ne pas baisser la garde » face à la menace que représente toujours l’Etat islamique.

Toutefois, aucune décision marquante n’a été prise durant le sommet qui s’est tenu sur fond de lutte d’influence au Proche-Orient entre les pays arabes sunnites et l’Iran chiite. La situation en Afghanistan a également été largement évoquée, plus particulièrement avec le Qatar qui joue un rôle d’intermédiaire entre la France et les talibans concernant les opérations d’évacuation qualifiées d’humanitaires.

A l’issue de ce rendez-vous diplomatique, M. Macron, accompagné du Premier ministre irakien, de Jack Lang et de Mgr Pascal Gollnisch, de l’Œuvre d’Orient, a visité le sanctuaire chiite d’al-Kadhimiya, un lieu de pèlerinage important pour cette communauté. Il s’est félicité d’être le premier président français à se rendre sur le tombeau du septième imam duodécimain de Bagdad : « C’est un signe de reconnaissance. C’est une manière d’apprendre et de comprendre. Je pense avec humilité que si on veut pouvoir agir utilement dans cette région, il vaut mieux la comprendre, c’est un univers de complexité. Nous venons de faire une conférence importante et la France a à cœur de reconnaître l’ensemble des composantes de ce peuple. Demain je serai aux côtés des chrétiens, des sunnites, des yézidis, il était important que je puisse être aussi aux côtés de la communauté chiite. »

Puis il s’est envolé pour le nord de l’Irak. Mossoul tout d’abord, où il a délivré un message de soutien aux communautés chrétiennes depuis l’église Notre-Dame-de-l’Heure avant de se rendre sur le site de la mosquée al-Nouri, en témoignage de « respect envers toutes les communautés irakiennes », puis Erbil, la capitale de la province autonome du Kurdistan irakien.

Tout ce beau monde devrait garder à l’esprit que toutes les promesses du président français faites aux Libanais au lendemain de l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020 sont restées lettre morte. •

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