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« Venez à moi, vous tous qui êtes vaccinés » : les Slovaques sourds à l’appel du pape

Le Ministre de la Santé slovaque, Vladimir Lengvarsky, et le président de la Conférence épiscopale slovaque, l’archevêque Stanislas Zvolensky, avaient décidé ensemble que les événements publics avec le pape François lors de son pèlerinage en Slovaquie ne seraient accessibles qu’aux personnes pleinement vaccinées contre le Covid-19. Le pape François, qui se rendra tout d’abord à Budapest pour la clôture du 52e Congrès eucharistique international, séjournera en Slovaquie du 12 au 15 septembre.

En communiquant cette décision qui introduit une réelle ségrégation des fidèles pour cette occasion exceptionnelle, Mgr Zvolensky argumentait que cela permettrait de lever les limites concernant le nombre de personnes autorisées à participer aux messes et autres cérémonies religieuses. Il invitait donc les fidèles à prendre soin de se vacciner pour pouvoir rencontrer le pape en direct.

Cette idée n’a toutefois pas suscité l’enthousiasme de nombreux catholiques slovaques et a soulevé les protestations de certains prêtres pour qui cette décision est un abus inacceptable de l’influence du pape en faveur de la promotion des vaccins. Mais cette promotion est faiblement efficace, apparemment, puisque, à deux semaines du pèlerinage, le nombre de personnes qui se sont inscrites pour participer aux célébrations avec le pape ne dépasse pas les 33.000. Inquiets de ce manque d’intérêt pour un événement tant attendu en Slovaquie depuis des années (la dernière visite d’un pape avait eu lieu en 2003), les évêques slovaques ont adressé aux fidèles une lettre pastorale, qui a été lue dans toutes les églises le 29 août dernier, afin d’encourager les gens qui « n’ont pas d’empêchement » à s’inscrire et venir à la rencontre du pape à Bratislava, Prešov, Košice et Šaštín.

Dans un pays où 62% de la population (environ 3,8 millions de personnes) se déclare catholique et où la pratique religieuse reste élevée, ce faible engouement est un vrai camouflet pour l’Église et pour l’actuel évêque de Rome, grand promoteur des vaccins anti-Covid malgré leur caractère non éthique (à cause de l’utilisation – pour leur production ou en phase de tests – de lignées cellulaires issues d’organes prélevés sur des enfants avortés). L’éditorialiste slovaque Juraj Hrabko a eu les mots suivants dans un entretien pour l’agence de presse slovaque TASR : « Si le gouvernement ne modifie pas sa décision initiale d’autoriser uniquement les personnes vaccinées à assister aux rencontres avec le pape François, ce sera une honte pour la Slovaquie (…) [car] il est en soi inconcevable que la présence des fidèles pendant la visite du Pape puisse être moindre en quatre jours en Slovaquie qu’en sept heures en Hongrie ».

Hrabko a attiré l’attention sur le fait que même l’autorité du pape ne suffit pas pour forcer les Slovaques à se faire vacciner. Dans les médias slovaques, les journalistes soulignent aussi la baisse de la pratique religieuse de leurs compatriotes après de longs mois de pandémie pendant lesquels l’accès aux sacrements était très limité, voire impossible. Les jeunes s’engagent également moins que prévu dans le bénévolat pour cette visite papale et beaucoup de gens craignent les inconvénients liés à l’organisation de ces événements sous le régime sanitaire actuel. Selon Juraj Hrabko, il n’est même pas totalement exclu que ce pèlerinage soit finalement reporté à une date indéterminée à cause de la situation épidémique et en raison de la santé du pape.

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