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Pour Mgr Aupetit la messe est dite

Une application restrictive de Traditionis Custodes à Paris

Et de quinze, cinq… Le nombre de lieux de culte où la messe traditionnelle était célébrée a été fortement réduit, passant ainsi de quinze à cinq. Depuis plusieurs jours, les rumeurs enflaient sur la suppression des célébrations traditionnelles dans certaines églises. Comme à Notre-Dame-du-Travail (14e), où les fidèles apprennent sur le coup la substitution d’une messe tridentine du dimanche soir par une messe Paul VI en latin… Ou à Saint-François-Xavier, qui bénéficiait du concours de la Fraternité Saint-Pierre pour la messe du mercredi soir.

Cette fois-ci, Mgr Aupetit s’exprime publiquement. Dans une lettre datée du 8 septembre 2021, il limite l’usage du rite tridentin à cinq églises : Sainte-Odile (17e), Sainte-Jeanne-de-Chantal (16e), Saint-Eugène (9e), Saint-Roch (1er) et Notre-Dame-du-Lys (15e). Quant au Centre Saint-Paul, desservi par l’Institut du Bon Pasteur, il n’est pas concerné en raison de son caractère d’oratoire privé. A l’exception de Notre-Dame-du-Lys, le sud de Paris est dépouillé. En revanche, plus de messe traditionnelle dans l’Est parisien, déjà mal loti… Un retour à la situation d’avant 2007 avec maintien de quelques acquis (Saint-Roch et Sainte-Jeanne-de-Chantal) ?

Les recommandations de Mgr Aupetit

Les fidèles feront les frais de cette restriction : ils sont disséminés dans tout Paris. Pourtant, le début de la missive indique qu’il s’agit « d’assurer le bien des fidèles qui sont attachés à la forme ancienne »… A priori, ils sont confortés dans leurs aspirations. Pour résumer le nouveau « régime » parisien, c’est un statu quo : le maintien de la messe tridentine dans les paroisses où elle était célébrée chaque dimanche, avec contrôle accru de l’évêque sur la situation liturgique du diocèse. A ce titre, les prêtres sont soumis à un régime d’autorisation préalable dans la logique de Traditionis custodes (il exige en effet l’accord de l’évêque si un prêtre veut dire la messe traditionnelle). Ainsi, « pourront y célébrer la messe et les sacrements selon l’ancienne forme les prêtres qui en ont reçu la mission écrite de ma part. » En conséquence, « ceux qui ont l’habitude de célébrer avec le missel de 1962 devront, pour continuer, obtenir mon autorisation par écrit ». Cela posera moins de problèmes pour les prêtres biritualistes. Mais ceux qui ne célèbrent que selon l’ancien missel pourront-ils essuyer un refus de la part de l’archevêque de Paris ? Car on trouve cette autre phrase qui mérite qu’on s’interroge : Mgr Aupetit « souhaite pour favoriser davantage la communion que les prêtres appelés soient ouverts aux deux missels ». Invitation formulée à l’égard de ceux qui célèbrent selon le nouveau rite de célébrer aussi selon le rite tridentin ? Peu probable… Ou appel à célébrer la nouvelle messe auprès de ceux qui disent l’ancienne ? Dans sa lettre, Mgr Aupetit prescrit la lecture en français selon la traduction officielle liturgique de 2013, « tout en suivant l’ordo du lectionnaire de 1962 ». Un « copier-coller » qui risque d’être compliqué s’il n’existe pas de traduction officielle du texte : le missel de Paul VI ne reprend pas toutes les lectures du missel de saint Pie V… Enfin, Mgr Patrick Chauvet est nommé délégué pour l’usage du missel de 1962. •

François Hoffman

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