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16e dimanche après la Pentecôte

« Je fléchis les genoux devant le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom, pour qu’il vous donne, selon les richesses de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur ; qu’il fasse que le Christ habite par la foi dans vos cœurs. »

Dieu seul, déclare saint Paul dans l’épître de ce dimanche, peut fortifier en nous l’homme intérieur. Quel est donc cet homme intérieur ? Si saint Paul utilise cette expression, en opposant l’homme intérieur à l’homme extérieur, c’est saint Pierre dans sa première épître qui nous en donne le sens : conseillant aux femmes de moins briller par leur parure extérieure, il leur dit de réserver plutôt leurs soins à cet être caché, « l’homme caché du cœur », qu’elles portent à l’intérieur d’elles-mêmes et qui se manifeste « dans l’incorruptibilité d’une âme douce et calme ».

L’homme intérieur est identifié avec le cœur de l’homme. Cependant la Bible nous rappelle avec l’histoire du salut toute l’ambiguïté du cœur de l’homme. Ainsi « toutes les pensées du cœur de l’homme se portent uniquement vers le mal », dit Dieu dans la Genèse… le cœur de Pharaon est endurci, et il fait le mal. Mais le cœur peut aussi être « brisé et broyé » comme celui de David par le repentir. Alors Dieu s’ingénie à guérir un tel cœur… c’est sur « les tables du cœur » que Dieu viendra écrire sa Loi nouvelle.

Le cœur de l’homme est ambivalent : il peut faire le mal… la méchanceté de l’homme sort de son cœur et le souille, plus que tout acte extérieur : « La bouche parle du trop-plein de son cœur. » Mais lorsque le mouvement est inversé, Dieu par son prophète promet de changer le cœur de pierre en un cœur de chair. Un tel cœur est un « cœur qui sait écouter », comme le demande Salomon au début de son règne : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie », lui avait appris David, son père.

Aussi Notre Seigneur dira bienheureux les cœurs purs, en opposition à la dureté de cœur qu’il reproche à ses auditeurs : « L’homme bon tire ce qui est bon du bon trésor de son cœur, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais. »

L’homme intérieur, c’est le lieu où notre cœur trouve Dieu, dans le silence, le recueillement et la prière : « Ne t’en va pas au-dehors, rentre en toi-même, au cœur de la créature habite la vérité », disait saint Augustin. Cette vérité, c’est Dieu qui se révèle. Dans cette aventure de la vie intérieure, n’oublions pas que c’est Dieu qui se révèle et, très justement, l’évangile d’aujourd’hui la compare à des noces, où tout le monde est invité. Personne n’est exclu de cette vocation sublime. Les chrétiens auxquels s’adresse saint Paul vivent au milieu du monde. Ils sont fidèles du Christ Jésus, c’est-à-dire de ceux qui suivent fidèlement l’impulsion du Seigneur dans la condition qui leur est propre. Le cœur, c’est le lieu où, à l’exemple de la Vierge, l’on « repasse » la Parole de Dieu.

Notre cœur ne pourrait-il être lui aussi tout aussi brûlant que celui des pèlerins d’Emmaüs alors que Notre Seigneur leur expliquait les Ecritures ? Saint Paul n’a aucun doute. •

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