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Zemmour : du pour et du contre

Sondage : Éric Zemmour à 10 % d’intentions de vote

Pas encore candidat, Éric Zemmour est déjà crédité de 10 % dans les sondages. Décidé à donner le tempo de la campagne, le polémiste divise et rallie, agace et réjouit. Candidature de témoignage ? Machine à perdre ? Espoir pour la droite ? En tout cas, il ne laisse personne indifférent.


Voilà un sondage qui va faire rêver certains… et cauchemarder d’autres, y compris dans le camp national. Une enquête commandée par la revue Challenges auprès de l’institut Harris Interactive révèle donc qu’Eric Zemmour fait un bond et grimpe à 10 % d’intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle. Si certains éléments doivent pousser à la prudence, notamment le fait que la liste des candidats étudiée par l’institut de sondage n’est pas définitive, l’information n’en reste pas moins importante, voire surprenante.

Ce sondage a en effet été réalisé alors qu’Eric Zemmour n’a toujours pas officialisé sa candidature. Cela paraît être un secret de polichinelle, mais le polémiste et ses soutiens seront immanquablement galvanisés par ces chiffres.

10 %, c’est trois points de plus que dans le sondage le plus optimiste sorti jusqu’à présent. Cette hausse spectaculaire le place en cinquième position mais un point seulement derrière Jean-Luc Mélenchon et quatre derrière Xavier Bertrand. Anne Hidalgo et Yannick Jadot, tous deux à 7 %, sont battus.

Dans le camp souverainiste, Nicolas Dupont-Aignan (2 %) et Florian Philippot (moins de 0,5 %) sont loin derrière. Le président de Debout la France est le grand perdant de la percée d’Eric Zemmour tandis que celui des Patriotes ne parvient pas à progresser malgré son travail colossal contre la dictature sanitaire.
L’exubérant François Asselineau obtient lui aussi un score anecdotique.

Comme dans tous les sondages réalisés, Emmanuel Macron arrive en tête (23 %) tandis que Marine Le Pen se place en deuxième position. Avec 19 %, elle serait bien évidemment présente au second tour de l’élection.

Le scrutin n’est cependant pas pour tout de suite et le temps qui nous en sépare pourrait donner des sueurs froides au Rassemblement national et à sa présidente. Désormais très policé, le parti pourrait bien subir le revers de la médaille de son travail de dédiabolisation et se faire doubler par la droite, mais aussi par « le parti des révoltés », tenté de suivre l’infréquentable et censuré Zemmour plutôt que le député Le Pen qui prétend entre autres que « l’islam est compatible avec la République ».

Marine Le Pen a plusieurs longueurs d’avance auprès de l’électorat populaire, notamment celui des Hauts-de-France, satisfait par le travail de certains cadres comme Steeve Briois, mais le bénéfice de la médiatisation d’Eric Zemmour n’est pas négligeable. D’aucuns affirmeront d’ailleurs que son omniprésence actuelle dans les médias n’a pas d’autre but que d’affaiblir Marine Le Pen.

Toujours est-il que la chaîne YouTube lancée par Eric Zemmour à la suite de son départ de CNews compte déjà près de 120 000 abonnés tandis que celle de Marine Le Pen n’a réuni que 49 000 fidèles en cinq années d’existence. Et aucun institut de sondage n’a pu trafiquer ces chiffres-là. •

Louis Marceau

Voir aussi : “À quoi va servir Zemmour ?”

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