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18e dimanche après la Pentecôte

« Seigneur, nous vous en supplions, que l’opération de votre grâce dirige nos cœurs, puisque sans vous nous ne pouvons vous plaire. »

L’oraison de ce dimanche soulève l’épineux problème des relations entre la grâce et la nature humaine. Mais cela nous permet aussi de rappeler les principes essentiels d’une vie morale et religieuse.

Suffit-il de la direction donnée par la loi morale ou religieuse pour que l’homme vive de la vie de la vertu et laisse de côté la vie contraire du péché et du vice ? Non. Et la réponse est incontournable. Il faut le secours de la grâce. Même si aujourd’hui le ciel est promis au dernier des mécréants, pour se sauver il faut la grâce. Les hommes tombent en enfer comme la neige en hiver, avait dit Notre Dame à sœur Lucie… Ils y tombent par ignorance ou par refus du secours de la grâce.

Pour faire le bien et fuir le mal, il faut la grâce. Il faut le secours de Dieu. Ce secours est toujours nécessaire, même dans l’ordre naturel de la vertu. Si Dieu ne vient pas, par sa grâce, guérir notre nature blessée par le péché originel, on ne peut accomplir au niveau naturel tout le bien et éviter tout le mal. Quant à l’ordre surnaturel, sans la grâce, l’homme ne peut absolument rien.

Si l’enseignement catholique sur la grâce est catégorique, il nous permet de mieux cerner ce qu’est la grâce. C’est certainement la réalité la plus abîmée dans les prédications modernes où l’ordre surnaturel est oublié ou confondu avec l’ordre naturel… où les exigences divines disparaissent devant les bons sentiments humains.

La grâce comprend deux choses : cet état habituel que l’on appelle grâce sanctifiante qui nous fait participer à la vie divine et les motions surnaturelles que nous recevons de Dieu. Le rappel de ce qu’est la grâce sanctifiante est une grande consolation pour l’âme qui recherche la perfection chrétienne. En effet, cet état habituel est un ensemble de qualités produites par Dieu lui-même dans notre âme, qui divinisent l’homme dans son être et dans ses facultés. C’est extrêmement consolant pour l’âme qui recherche Dieu de savoir que le Père du ciel prend en fait les devants : nous seulement il donne, mais il maintient, il développe, il inspire. Tout le problème de la liberté humaine sera de consentir… de croire en cette divine intrusion dans notre âme qui nous ouvre les portes du ciel. Mais n’est-ce pas l’enjeu de l’Incarnation ? Croire que Jésus est le Fils de Dieu, c’est croire en sa toute-puissance, c’est croire en la Rédemption, c’est croire en cette divinisation de nos âmes par la grâce. •

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