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Au champ d’honneur

Mort au Mali d’un soldat d’élite, le 52e jeune Français

Maxime Blasco, soldat d’élite, a trouvé la mort au combat, au Mali, vendredi. Ce n’est certes pas le premier soldat français qui meurt sur ce front, pour défendre le Mali face à l’agression islamiste.

Maxime Blasco avait 34 ans. Il était caporal-chef, ce qui peut surprendre, vu son âge et ses faits d’armes extrêmement brillants. Dans un entretien télévisé, en juin 2019, il avait évoqué ses motivations, effectivement peu dictées par des ambitions de carrière. Il venait de sauver d’une mort certaine deux de ses camarades de combat dont l’hélicoptère s’était écrasé en zone hostile.

Tel un héros de fiction dans un film de guerre, il avait en effet réussi une incroyable opération de sauvetage en pleine zone de combat. Il avait raconté sur France 2 cet acte de courage particulièrement périlleux : il était à bord de l’hélicoptère, une Gazelle, en tant que tireur d’élite. L’appareil avait été touché par des tirs ennemis, et les deux hommes d’équipage comme lui-même pensaient qu’ils vivaient leurs derniers instants : « J’accepte, je me sens impuissant, ça se finit aujourd’hui, c’est la fin de ma courte vie », racontera-t-il plus tard. L’hélicoptère s’écrase mais les trois soldats ne sont que blessés. Un second hélicoptère, un Tigre, dont l’équipage a compris qu’il y a des survivants, se pose à proximité. Bien que sérieusement atteint à la colonne vertébrale, Maxime parvient à arrimer l’un de ses compagnons à un patin de l’appareil. Lui-même et le second soldat, à l’extérieur eux aussi, se collent à la paroi, se cramponnant de toutes leurs forces. L’hélicoptère va décoller ainsi pour échapper aux tueurs djihadistes. Si Maxime ou son camarade ont un malaise, ce sera la chute et la mort. Mais l’appareil arrivera au camp de la base avec les trois rescapés.

Il faut revoir sur Internet le très court reportage de France 2 : Maxime ne se définit pas comme un héros, « terme un peu fort », répond-il au journaliste. « J’ai vu des gens courageux, c’est une action collective. » « Ce métier, c’est une passion, une drogue », ajoute-t-il, évoquant « l’action, l’adrénaline et le fait d’être utile ».

Un beau visage d’homme jeune, un regard viril et décidé

Engagé à 25 ans au 7e bataillon de chasseurs alpins basés à Varces, près de Grenoble, il devient tireur d’élite du groupe commando montagne. Il va prendre part aux combats dans le cadre des missions Sangaris et Barkhane. Remarqué très tôt pour son courage, son sang-froid, son sens de l’initiative, il est affecté aux opérations les plus périlleuses. Il avait été décoré de la croix de la Valeur militaire avec étoile de vermeil. La « VM » est l’une des décorations les plus prestigieuses. Le président Macron lui avait également décerné la Médaille militaire. Sur le film de France 2, sur les photos, on voit un beau visage d’homme jeune, un regard viril, décidé.

Il est mort dans l’accomplissement de sa mission, en pleine conscience des risques pris, et tant qu’il y aura des Maxime Blasco nous croirons en l’avenir de la France.

Espérons que les Français d’origine malienne et les Maliens vivant en France sauront manifester leur reconnaissance, dans l’intérêt de ce « vivre ensemble » que l’on nous met à toutes les sauces, d’autant que Maxime Blasco est le 52e Français à perdre la vie dans des opérations contre les troupes djihadistes dans ce pays. On attend pour le moins des nouvelles d’Assa Traoré et de sa famille, la marque d’une gratitude. •

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