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Le Très Saint Rosaire

La fête du Rosaire fut à ses origines une simple fête de confrérie. Mais le 7 octobre 1571, premier dimanche de ce mois, une grâce extraordinaire accordée au peuple chrétien tout entier, vint donner à cette fête un grand éclat : à l’entrée du golfe de Corinthe, la flotte chrétienne fournie par le Saint-Siège, l’Espagne, Venise, la Savoie, Mantoue, Ferrare, Gênes et Lucques, sous le commandement de don Juan d’Autriche, écrasait la flotte turque d’Ali Pacha.

C’était toute la chrétienté qui était menacée. A Rome, le jour et à l’heure même du combat, les confréries du Rosaire faisaient des processions solennelles pour demander la victoire sur les infidèles.

Peu avant 5 heures du soir, le pape saint Pie V alla brusquement de son bureau à la fenêtre ; il semblait contempler un spectacle. Puis, se retournant, il dit aux prélats qui l’entouraient : « Allons rendre grâce à Dieu : notre armée est victorieuse. » La nouvelle de la victoire n’arrivera à Rome que 19 jours plus tard, le 26 octobre.

Cela ne faisait aucun doute : pour le peuple catholique, la victoire de Lépante était une grâce accordée par Marie, à cause des prières ferventes qui lui étaient adressées.

Alors saint Pie V ajouta aux litanies de la Très Sainte Vierge une invocation supplémentaire : « Secours des chrétiens, priez pour nous », et il ordonna l’institution de la fête de Notre-Dame des Victoires que Grégoire XIII fera ensuite célébrer, sous le nom de fête du Rosaire, chaque premier dimanche d’octobre dans toutes les églises.

La bataille de Lépante fut l’une des plus furieuses batailles qui se soient jamais livrées sur la mer. A la fin de la journée, alors que l’on comptait les morts par dizaines de milliers et les prisonniers par milliers, l’avancée des Turcs était stoppée.

Journée glorieuse pour les chrétiens, elle fut le début de la décadence des Ottomans. Bien plus que les hommes et les vaisseaux, dont on répare la perte, les Turcs y perdirent cette puissance de l’envahisseur que rien n’arrête et qui fait la principale force des peuples conquérants…

En cette fête du Saint Rosaire, souvenir de cette immortelle journée de la victoire de Lépante, nous rappelons que le vainqueur fut moins Juan d’Autriche que le rosaire, la prière de l’Eglise, et saint Pie V. Ce n’est pas une guerre de dévotion que saint Pie V mena à Lépante, ce fut une guerre de civilisation.

Et pour notre part, le rosaire est-il mal dit, peu dit ou pas dit ? Pourtant, nos combats sont si nombreux et si urgents. Il semble que les chrétiens, en abandonnant le rosaire, ont accepté d’être vaincus. C’est Dieu qui donne la victoire, et cela sera vrai jusqu’à la fin des temps. Ni une pandémie ni le péril turc ne résisteront à la volonté de Dieu. Mais, avant d’avoir la victoire, il faut la demander, il faut prier Notre-Dame, il faut y croire. Secours des chrétiens, priez pour nous. •

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