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Campagne 2021 de dons et abonnements

La mort de Tapie concentre (encore plus) les médias

Tapie possédait un petit empire de presse : le quotidien La Provence, le quotidien Corse Matin, et un quotidien marseillais gratuit, ainsi qu’un hebdomadaire. Il était donc au centre d’un gros réseau régional de médias. A priori, c’est le multimilliardaire et néanmoins « patron de gauche » Xavier Niel qui va ramasser la mise.

En 2013, Bernard Tapie avait acquis le quotidien La Provence, avec l’appui du Parti socialiste, en l’occurrence son ami Claude Bartolone alors président de l’Assemblée nationale. Compte tenu de l’endettement colossal des affaires Tapie (403 millions d’euros à rembourser, à la suite des dernières décisions de justice dans le dossier à rebondissements Adidas-Crédit lyonnais), un liquidateur fait survivre le titre La Provence. Que va devenir ce titre qui accumule chaque année des pertes abyssales ? Dans la mesure où il est en situation de monopole régional, la disparition de ce journal semble inimaginable. Il doit survivre à la mort de son propriétaire. De quelle façon ? En l’occurrence c’est donc probablement Xavier Niel qui va ajouter ce titre à son impressionnante collection de médias (Nice-Matin, Le Monde, L’Obs, Télérama, Courrier international, France-Antilles, etc.). Depuis 2019, Niel possédait 11 % des parts de La Provence, et il va pouvoir faire jouer des effets de synergies avec Nice-Matin, au prix de quelques charrettes de licenciements, bien évidemment. Mais, en tout état de cause, un plan de licenciement collectif était déjà en cours à La Provence, concernant 18 postes sur les 450 emplois du titre.

Racheter aux enfants Tapie les 89 % de parts restantes n’écornera guère le patrimoine de celui qui pèse dix milliards d’euros et qui a pour beau-père la première fortune française et troisième fortune mondiale.

Voilà comment La Provence va donc pouvoir effacer ses dettes, poursuivre sa parution sans gros soucis, et sa propagande en faveur du courant dominant (mainstream).

Présent n’est pas de ce monde-là

Quand on parle des difficultés de fin de mois de Présent, on se rend compte que nous ne sommes pas vraiment à armes égales avec ce monde-là.

Votre quotidien, lui, ne peut compter que sur ses lecteurs. Notre liberté est à ce prix. Profitons-en donc pour faire un point ensemble sur la campagne de dons 2021. Lancée en mai, après la catastrophe financière qu’ont constituée pour nous les confinements et le couvre-feu, cette campagne visait à collecter 80 000 euros avant la fin de l’année, sous forme de dons, pour couvrir le maintien de notre parution pendant la période creuse du mois d’août. Au 5 octobre, nous avons collecté, grâce à votre soutien, 64 627 euros de dons défiscalisables et 4 610 euros de dons directs, soit un total de 69 237 euros, ce qui représente 86,5 % de l’objectif de 80 000 euros dont nous avons besoin pour boucler notre budget 2021. Il nous manque donc encore un peu moins de 11 000 euros. Nous avons trois mois devant nous pour trouver cette somme.

Nous repassons ce mois-ci à seize pages tous les samedis, comme vous nous le demandiez depuis la rentrée. Mais nous avons besoin de votre aide pour poursuivre notre action de réinformation au quotidien, et de formation de la nouvelle génération qui découvre actuellement Présent. C’est d’ailleurs sans doute cette dernière mission qui est la plus importante. •

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