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Peur bleue

Caillassages, insultes, tirs de mortiers d’artifice, jets de boules de pétanque… la « haine du flic » s’exprime de multiples façons dans les banlieues de l’immigration. A Vigneux, dans l’Essonne, elle a pris la forme de menaces ciblées visant des policiers spécialisés dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, principale ressource de nombre de cités anciennement françaises. En effet, des tags d’intimidation visant nommément une quinzaine de policiers ainsi que leurs proches ont été découverts mardi 12 octobre 2021 dans un immeuble du quartier de la Prairie de l’Oly.

Ce sont les policiers de la brigade anticriminalité (Bac) du Val d’Yerres (Essonne) qui sont tombés sur les messages d’insultes et de menaces lors d’une de leurs interventions. « Ancien bleu de Grenoble, on va venir te chercher », « On n’a plus d’ennemies donc on pétarde les flics », « Ta femme elle est plus grande que toi. La honte », « Ta fille la p… de Quincy », pouvait-on notamment lire – entre autres joyeusetés rédigées avec une orthographe hautement aléatoire… – sur les murs des parties communes du bâtiment.

Une dizaine d’agents de la Bac ainsi que des policiers d’autres unités du département sont ainsi visés par ces inscriptions où figurent leurs noms et leurs prénoms, indique une source policière. Tous ont déposé plainte pour « menaces sur personne dépositaire de l’autorité publique » et une enquête a été ouverte.

Si cette pratique n’est pas nouvelle, elle tend à se multiplier ces derniers temps, profitant d’un contexte de dégradation de l’image de la police, notamment véhiculée par les médias. En effet, les retours incessants sur les prétendues « violences policières » et les itératives accusations de « discriminations » vis-à-vis de certaines populations les désignent comme des cibles à tous les voyous des quartiers qui, comble d’une totale inversion du réel nourrie par le discours médiatique et associatif, se prennent pour des « victimes » de diverses injustices et autres persécutions.

Face à cette tendance, les syndicats demandent que soit anonymisé le nom des policiers enquêteurs lors des procédures judiciaires de sorte que le nom et le prénom des policiers n’y figurent plus afin d’assurer leur sécurité et celle de leurs familles et d’éviter de possibles « représailles ».

Dans un tel contexte, on comprend assez aisément que les policiers préfèrent aller jouer les gros bras au milieu des terrasses de café ou dans les salles de restaurant, pour traquer le dangereux réfractaire au passe sanitaire, plutôt que de patrouiller et d’œuvrer dans les cités. Mais ce n’est pas en persécutant les Français au lieu de les protéger que se comblera le fossé qui s’est créé entre les forces de l’ordre et la population notamment depuis la féroce répression des Gilets jaunes. •

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