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22e dimanche après la Pentecôte

« Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Et Jésus leur dit : De qui est cette image et cette inscription ? Ils lui dirent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

L’évangile de ce dimanche est celui du tribut ; il n’y a guère de scènes qui montrent aussi bien que celle-ci le Sauveur devant ses ennemis dans sa majesté divine.

Que veut nous dire le Christ par les paroles pleines de majesté qu’il emploie pour parler du tribut ? « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

L’épître de ce jour, d’ailleurs, nous donne la même leçon : chrétiens, remplissez sur terre vos devoirs. S’il faut rendre à Dieu et ce qui est à Dieu, et si notre âme est en effet créée à l’image de Dieu, le constat est simple, comme le disait Pascal : le cœur de l’homme n’est pas l’espace où s’inscrit et se déchiffre cette image de Dieu mais bien au contraire il est l’instance qui a effacé cette image de Dieu… « … reprenez [mon cœur], puisque c’est à vous qu’il appartient, comme un tribut que je vous dois, puisque votre image y est empreinte. Vous l’y aviez formée, Seigneur, au moment de mon baptême qui est ma seconde naissance ; mais elle est tout effacée. L’idée du monde y est tellement gravée, que la vôtre n’y est plus connaissable. »

Notre âme est une image qui a une histoire : elle peut perdre, et elle a effectivement perdu ce qui fait d’elle l’image de Dieu. La capacité de l’homme à l’infini est une capacité « vide » : « Qu’est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide… »

Image de Dieu abîmée, notre âme essaie inutilement de se remplir de tout ce qui l’environne, recherchant des choses absentes le secours qu’elle n’obtient pas des présentes, « mais qui en sont toutes incapables parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire que par Dieu même ».

« Vous seul avez pu créer mon âme : vous seul pouvez la créer de nouveau. Vous seul y avez pu former votre image : vous seul pouvez la réformer, et y réimprimer votre portrait effacé, c’est-à-dire Jésus-Christ mon Sauveur, qui est votre image et le caractère de votre substance. » Le péché a fait que l’homme n’est plus capax Dei… C’est le terrible pouvoir destructeur du péché… mais l’évidence soudaine de la volonté de Dieu de nous restituer ce que nous avons perdu… Rendez à César, dit le Christ, ce qui est à César. Et cet ordre est efficace, car la seule image de Dieu est le Christ, seul capable de rétablir un rapport entre l’homme et Dieu. •

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