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L’affaire Kohler, le scandale qui fait trembler la Macronie

Le grand public a découvert son nom lors de l’affaire Benalla. Pourtant le nom d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, l’homme le plus proche de l’oreille d’Emmanuel Macron était déjà connu des initiés comme la cheville ouvrière, ou plutôt la clef de voûte de la macronie. Il est aujourd’hui mis en cause dans une affaire de corruption le liant au groupe Mediterranean Shipping Company. Dans un documentaire réalisé par le journaliste Yanis Mhamdi et publié par le média de gauche Blast, les accusations s’accumulent contre celui qui se targue d’être à la fois haut fonctionnaire irréprochable et lobbyiste redoutable. Né en 1972, ce haut fonctionnaire français, fils de résistant, a eu un parcours brillant. Enarque, il débuta sa carrière comme administrateur civil à la direction générale du Trésor. A un poste stratégique, Kohler se voit désormais représentant de l’Etat dans les différents conseils d’administration d’entreprises partiellement détenues par la France. A ce titre, « il siège comme représentant de l’Etat aux conseils de Renault, de la RATP, d’Aéroports de Paris, du port du Havre. Mais il est aussi nommé au conseil de STX France, dans lequel l’Etat est actionnaire à hauteur de 33,4 % » explique à Mediapart la journaliste Martine Orange Ainsi, il avait émis la demande de rejoindre MSC en avril 2014 mais s’était vu opposer un avis défavorable de la commission de déontologie de la fonction publique. Celle-ci arguait alors qu’Alexis Kohler était intervenu en 2010 auprès de STX France en donnant son avis sur un contrat conclu avec MSC, alors qu’il travaillait pour l’Agence des participations de l’Etat, un service à compétence nationale. En d’autres termes, Kohler prétendait défendre les intérêts de gros groupes tout en restant serviteur de l’Etat. Un grand écart qui n’a donc pas échappé à la vigilance de la commission de déontologie… Jusqu’en 2016 ! En août de cette année en effet, la commission de déontologie rend cette fois un avis favorable. Grace à qui ? Au ministre de l’Economie de l’époque qui s’était porté garant de la probité de Kohler. Ce ministre ? Emmanuel Macron ! Kohler le lui rendra bien puisqu’il fut l’un des principaux artisans de l’élection d’Emmanuel Macron un an plus tard tout en favorisant le rachat de STX France par… MSC ! A ce niveau, ce n’est plus un ascenseur mais une fusée lunaire. Lunaire, c’est d’ailleurs le qualificatif qui résume au mieux l’affaire.

Il n’empêche, la sortie de ce documentaire et son retentissement risquent fort de transformer cette sombre affaire opaque en authentique scandale d’Etat. Si Kohler a été la catapulte qui a propulsé Macron, il pourrait à cause de cette affaire en devenir le maillon faible.

Pour la petite histoire, il refusa en 2009 la proposition que lui fait Emmanuel Moulin de lui succéder comme directeur de cabinet adjoint de la ministre Christine Lagarde ; il déclinera également une proposition de François Fillon : L’Express indique qu’« il se sent de gauche ». De gauche oui mais pas n’importe quelle gauche, celle de l’argent et du grenouillage. Beaucoup plus rentable que le social. •

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