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Macron force la dose

Mais que fait le CSA ?

Telle une divinité descendant de l’Olympe à heure fixe, Emmanuel Macron a pris la parole ce mardi soir depuis le Palais de l’Elysée pour faire un sempiternel point sur l’épidémie de Covid-19 qui repartirait pour une sixième vague… Jusqu’ici rien d’original. Le ton était grave, bas, solennel. Du moins tendait à l’être. Certains se sont même étonnés du changement de la fréquence vocale présidentielle, un détail que le Château a balayé d’un revers de main en affirmant qu’Emmanuel Macron avait une extinction de voix. C’est d’ailleurs la seule explication concrète qui a suivi l’allocution parce qu’il y en avait pour tous les goûts. Concernant l’épidémie, Emmanuel Macron a demandé aux six millions de Français pas encore vaccinés de le faire sans plus tarder, rappelant qu’il y a onze fois moins de chance de finir à l’hôpital si on était vacciné. Une information à mettre en relation avec le fait que plusieurs pays européens ont suspendu le vaccin Moderna en raison des effets secondaires…

L’autre information c’est évidemment la troisième dose. Alors qu’Olivier Véran avait déclaré quelques semaines auparavant que la 3e dose n’aurait aucune incidence sur le passe sanitaire, Emmanuel Macron a déclaré que les plus de 65 ans devront se faire piquer d’ici le 15 décembre pour disposer d’un passe sanitaire valide. On n’en est pas au premier mensonge mais cela étonne toujours de les voir le pratiquer avec autant de désinvolture. Après le renforcement des « gestes barrières » et le retour en force du port du masque annoncés avec ce ton professoral d’aîné gourmandant des jeunes particulièrement obtus et insouciants, Emmanuel Macron est entré dans la deuxième phase de son discours…

La candidature se précise

Il n’y a pas que sur l’immigration qu’Eric Zemmour inspire ses concurrents. Si le CSA avait exigé que le temps de parole du journaliste sur l’antenne de Cnews soit décompté, on attend sa déclaration vis-à-vis des discours présidentiels. Pour citer Manuel Bompard, député européen LFI « Elle a l’air bien cette nouvelle émission de campagne où le candidat peut parler sans être interrompu. J’espère que les autres candidats seront bientôt invités. » On appréciera l’ironie et la répartie, une fois n’est pas coutume, de l’élu d’extrême gauche. Car il a raison. Emmanuel Macron se sert désormais de ses communications épidémiques pour tenir tribune, c’en est tellement gros que cela pourrait passer.

Glissant sur la cinquième vague, porté par son bilan et les milliers de morts du covid, le Président a donc utilisé sa gestion de l’épidémie comme réacteur principal de sa réélection. On s’y attendait certes, mais le message est clair : son assise électorale se situe dans le troisième âge, celui des soixante-huitards jouisseurs pour qui on a sacrifié un pays. On le soupçonnait de voir davantage dans cette épidémie un enjeu électoral plutôt que sanitaire et c’est chose faite. On le savait adepte de l’autosatisfaction mais là, ce fut homérique. Las. Porté par son assise, Emmanuel Macron se sait pour le moment intouchable, il lui suffit d’attendre de savoir qui sera face à lui au second tour. Cela c’est le scénario qui se dessine depuis quatre ans, mais une campagne présidentielle est longue. Le pays a les nerfs à vif et peu importe les remparts, si la vague qui s’y abat est assez grosse. •

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