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Confinement : à perpète

Privation de libertés et de droits civiques aux Pays-Bas et en Autriche

En matière de lutte contre la pandémie de Covid-19, les Pays-Bas ont aujourd’hui une couverture vaccinale similaire à celle de l’Italie, avec environ 73 % de la population qui est désormais entièrement vaccinée. Cela ne les empêche pas d’avoir un nombre de nouveaux cas encore jamais atteint depuis le début de la pandémie : entre 12 000 et 16 000 tests positifs chaque jour pour une population de 17,5 millions d’habitants. Voilà donc encore une confirmation qu’un taux élevé de vaccination dans la population n’arrête pas l’épidémie et que les pays qui introduisent un passe sanitaire, comme la France, l’Italie ou l’Autriche, ne le font pas pour lutter contre la propagation du virus.

Le chancelier autrichien Alexander Schallenberg ne s’en cache même pas : le confinement qui vient d’être décrété à l’encontre des personnes non vaccinées uniquement a pour objectif principal de les pousser à se faire enfin vacciner dans un pays où le taux de vaccination de la population, à 65 %, serait « honteusement bas ». Depuis le 15 novembre, et pour une période de dix jours, ceux qui refusent toujours de se faire vacciner ou qui n’ont pas guéri du Covid-19 il y a moins de 180 jours, avec attestation à l’appui, sont assignés à résidence. Ils n’ont plus le droit de sortir de leur domicile que pour se rendre au travail, s’approvisionner en nourriture et produits de première nécessité, aller chez le médecin ou faire une promenade de santé autour de chez eux.

Avec entre 11 000 et 13 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque jour, ce gouvernement rassemblant le centre droit et l’extrême gauche verte panique. Pourtant, le nombre de décès liés au coronavirus chinois n’est que de quelques dizaines de patients par jour. Quelques dizaines de morts par jour dont le gouvernement autrichien se saisit pour violer tous les droits et libertés civiques de ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, alors même que le vaccin n’est officiellement pas obligatoire !

Aux Pays-Bas aussi, on se demande ce qui peut bien pousser le gouvernement du libéral Mark Rutte, grand critique des supposées atteintes à l’état de droit et à la démocratie en Hongrie et en Pologne, à réinstaurer des mesures de confinement alors qu’on ne compte que vingt ou trente décès journaliers liés au Covid. C’est autant que les décès causés par l’euthanasie dans l’autre pays du fromage, et nettement moins que les décès causés par avortement, mais on ne confine pas les vieux, les malades, les suicidaires ni les femmes enceintes.

Pour quelques dizaines de décès quotidiens liés au virus chinois, le gouvernement de Rutte a décidé d’ordonner pour trois semaines la fermeture des bars, restaurants, et magasins essentiels à partir de 20 heures, et des magasins et services non essentiels à partir de 18 heures. Le coronavirus SARS-CoV-2 serait-il plus facilement transmissible après ces heures-là ? Par ailleurs, les Hollandais n’auront pas le droit de recevoir plus de quatre invités à la fois chez eux (au Benelux, on peut compter sur les voisins pour appeler discrètement la police le cas échéant) et le télétravail est fortement recommandé pour tous ceux qui peuvent accomplir leurs tâches professionnelles sans se rendre à leur entreprise. Le constat d’échec de la politique de vaccination de masse fait par Rutte : « Nous espérions qu’avec les vaccins nous n’aurions pas à faire ceci, mais nous voyons la même situation partout en Europe. » •

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