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Des vertes et des pas mûres

Nicolas Hulot rattrapé par la patrouille #MeToo

Pur produit de la caste politico-médiatique, donneur de leçons, « éveilleur des consciences » et prônant des valeurs « humanistes », Nicolas Hulot doit en rabattre après de nouvelles accusations de viols. Les femmes, semble-t-il, n’étaient pas à ses yeux une espèce protégée.

Le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête préliminaire après la diffusion d’une enquête de France 2 dans laquelle plusieurs femmes accusent l’ex-animateur et ancien ministre Nicolas Hulot de viols et d’agressions sexuelles. Au moins six femmes, dont une mineure au moment des faits, accusent ainsi l’ancienne figure de proue de l’écologie médiatique de viols ou d’agressions sexuelles commis entre 1989 et 2001. Nicolas Hulot dément formellement ces accusations et a annoncé qu’il abandonnait toute activité publique, se déclarant « écœuré » par les méthodes utilisées contre lui.

A l’heure des tribunaux médiatiques et des lynchages en ligne, rappelons que la présomption d’innocence est l’un des socles fondamentaux d’un Etat de droit digne de ce nom et qu’il convient donc de garder prudence et circonspection face à ce genre d’affaires, même quand elles concernent des personnalités qui nous sont peu sympathiques, et ce d’autant plus à l’heure de la judiciarisation à outrance des rapports hommes-femmes et du développement d’un concept aussi nébuleux que dangereux que celui de « l’emprise ».

Ceci étant dit, c’est une nouvelle fois l’une des grandes figures « morales » de l’établissement médiatico-politique bien-pensant qui se trouve au centre d’affaires particulièrement sordides qui révèlent une fois de plus, quelles qu’en soient les suites judiciaires, le caractère crapoteux et malsain des coulisses du « pouvoir ».

C’est aussi un grand donneur de leçons de civisme et de citoyenneté qui se fait rattraper par la patrouille #MeToo et #Balancetonporc, un adversaire évidemment farouche du Front national puis du Rassemblement national au nom de ces fameuses prétendues « valeurs » qui ne sont, on le constate une fois encore, que le cache-sexe des pires turpitudes et de la volonté de défendre un « entre soi » où celles-ci sont camouflées et gardées secrètes par la complicité générale des copains. D’ailleurs, du fait de cette connivence supposée, les révélations faites sur Nicolas Hulot provoquent une onde de choc qui déstabilise également la campagne du candidat écologiste Yannick Jadot. Le directeur de campagne du candidat EELV Mounir Satouri a ainsi annoncé samedi à l’AFP la décision du candidat de « mettre en retrait » Matthieu Orphelin « de ses responsabilités de porte-parole dans la campagne présidentielle écologiste ». Si les raisons officielles avancées sont des divergences idéologiques et de stratégies de campagne, Matthieu Orphelin serait en réalité principalement écarté du fait de ses liens jugés trop proches avec Nicolas Hulot. Le porte-parole de Yannick Jadot aurait d’ailleurs été interpellé sur les réseaux sociaux par un collectif féministe lui reprochant ses « silences » quant aux comportements de Nicolas Hulot durant la primaire interne du parti en 2011.

Y aurait-il quelque chose de pourri au royaume de l’écologie libérale-libertaire ? •

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