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Le prétendant

Zemmour candidat

Enfin ! Il faut dire que le désormais ex-putatif et véritable candidat à l’élection présidentielle avait fini par éreinter le suspense et fatiguer les sondeurs. Alors que la dynamique Zemmour commençait à baisser, alors que tous annonçaient diverses dates de déclaration officielle, Zemmour a rappelé qu’il était seul maître de son agenda. Avec une vidéo postée ce mardi à midi et qui, à l’heure où nous parlons, a dépassé les deux millions de vues, Zemmour a également tenu à prouver qu’il n’avait besoin de personne pour s’adresser aux Français. Dans une vidéo grave et « crépusculaire » d’après quelques cadres du RN, Zemmour a parlé 10 minutes devant un micro et dans une posture évidemment empruntée à l’appel du 18 juin 1940. Avec en fond musical le deuxième mouvement de la 7e symphonie de Beethoven, Zemmour a ressuscité sous les yeux des internautes une France sur le point de disparaître. Bien entendu, cet exercice a été complété par une intervention au JT de TF1. Dans l’interview de Gilles Bouleau, Zemmour s’est d’ailleurs appliqué à rappeler qu’il n’était plus ni écrivain ni journaliste mais bel et bien candidat, reprochant amèrement à son ex-confrère de ne lui avoir posé aucune question sur son programme et ses idées mais simplement sur son livre et ce qu’il a pu écrire.

En tout cas, dans son QG du VIIIe arrondissement de Paris, ses troupes et son état-major étalaient leur optimisme avec au fond un peu de soulagement. Ces 15 derniers jours ont été âpres et les sondages ont apporté leurs lots de désillusions.

La prochaine étape reste l’obtention des fameuses 500 signatures, condition sine qua non pour se présenter à la fonction suprême. Pour l’instant, son responsable parrainage, le jeune Dénis Cielsik (27 ans) affirme avoir près de 300 signatures. « C’est loin d’être facile » dit-il depuis le QG de son candidat, « mais c’est tout à fait faisable ». Il serait heureux en effet qu’un candidat représentant au moins 10 % du corps électoral puisse se présenter devant les Français. Pour l’heure, Zemmour a passé une grande partie de sa soirée avec ses militants et ses soutiens, prenant le temps de leur parler et de faire des photos avec eux. A l’aise et souriant, il semblait bien moins fatigué que les autres membres de son équipe dont certains commencent à accuser le coup physiquement. « C’est épuisant, confie une personne de son entourage, mais on se reposera quand on sera mort » conclue-t-il avec un sourire fataliste.

« On avance et on voit » confiait Zemmour au média Boulevard Voltaire deux mois auparavant. Pas en marche mais en route vers le pouvoir, Zemmour sait que la voie sera ardue. « Il faut se préparer à essuyer tous les coups et toutes les bassesses » a-t-il dit en substance à ses troupes. Si les réactions de ses opposants ont été hostiles ou mitigées, il faut noter un fragile cessez-le-feu entre le RN et lui. Comme si, au fond, les deux camps si proches sur le fond mais si éloignés sur la forme, ont compris que le concurrent pouvait être un tremplin. En tout cas, les deux prient pour qu’ils ne se torpillent pas mutuellement ! •

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