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Notre-Dame des outrages

La menace vient de l’intérieur

L’incendie ne suffisait donc pas ? Présenté par le diocèse de Paris, le projet de réaménagement intérieur fait la part belle à l’art contemporain et à des projections lumineuses, au mépris de la liturgie et du patrimoine. Mobilisons-nous contre la « déconstruction » de Notre-Dame !

Miraculeusement sauvée des flammes en avril 2019, ce joyau de l’art gothique emblématique du génie artistique chrétien qu’est Notre-Dame de Paris échappera-t-il à la folie moderniste et politiquement correcte des prêtres du diocèse de Paris ? Alors que ceux-ci présentaient officiellement ce jeudi matin leur projet délirant de réaménagement intérieur de la cathédrale devant la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, les défenseurs de ce chef-d’œuvre architectural que le monde entier nous envie se mobilisaient massivement pour faire échec à ce qui n’est pas autre chose qu’une nouvelle trahison esthétique et spirituelle des clercs.

Une insulte au patrimoine et à la tradition liturgique

Rappelons que ce scandale n’est pas récent : dans ses éditions datées des 4 et 5 décembre 2020, Présent avait déjà alerté ses lecteurs face à ce projet de réaménagement intérieur. Dans un article intitulé « Quand Mgr Aupetit joue les décorateurs », notre journaliste Françoise Monestier avait notamment fait état des quelques réaménagements qui avaient alors été partiellement dévoilés, au nombre desquels figurent : la suppression des confessionnaux dans les chapelles latérales, la mise en place d’« œuvres » réalisées par des « artistes » contemporains, dont le spécialiste de l’« art urbain » Ernest Pignon-Ernest, censées « dialoguer » avec les superbes tableaux de maîtres anciens comme ceux des frères Le Nain ou de Charles Le Brun, la projection sur les murs de messages en différentes langues à destination des touristes, l’installation d’un nouveau système d’éclairage modifiable selon les saisons, ou bien encore celle de bancs à roulettes, équipés de lumignons, à la place des traditionnelles chaises en paille ! Si, depuis, le très politiquement et très religieusement correct Mgr Aupetit, accusé d’une liaison avec une femme, a démissionné, il n’a en revanche pas fait disparaître avec lui son projet qui fait à la fois offense au patrimoine et à la tradition liturgique.

Le collectif Protégeons Notre-Dame lance une pétition

C’est d’ailleurs de ces deux côtés, celui des défenseurs de la liturgie et celui des protecteurs du patrimoine, qui bien souvent sont liés, qu’est venue la résistance. Premier à s’élever, le collectif Protégeons Notre-Dame, emmené par Anne Brassié et Stéphanie Bignon, a ainsi lancé une grande pétition intitulée « Stop au second martyre de Notre-Dame » (texte disponible sur le site annebrassie.fr ou en téléphonant au 01 78 91 91 91). Dénonçant avec force cette « mise au goût du jour de notre cathédrale » qui fait la part belle à la « propagande du moment », cette pétition, qu’il faut impérativement signer, appelle ainsi au respect de la foi par le maintien du décor et du mobilier indissociables de la tradition liturgique. Ainsi, écrivent notamment Anne Brassié et Stéphanie Bignon, « au nom du modernisme, vous avez viré nos autels, nos statues, nos chemins de croix, vous avez méprisé des siècles de fidélité chrétienne. Vous avez vidé nos églises. Alors le temps est venu de reconnaître ses erreurs, d’admirer ce que la Tradition nous a offert et de redevenir modeste, c’est-à-dire des nains montés sur des épaules de géants ».

Un « Disneyland politiquement correct »

En même temps, indignés eux aussi par ce projet scandaleux, une centaine de personnalités de sensibilités politiques différentes, dont l’animateur Stéphane Bern, l’académicien Jean-Marie Rouart, le philosophe Alain Finkielkraut, ou encore Pierre-André Taguieff, signaient mardi dans Le Figaro et La Tribune de l’Art, un texte intitulé « Ce que l’incendie a épargné, le diocèse veut le détruire ». Rappelant que l’incendie s’est « limité à la toiture et à la flèche et n’a rien détruit de patrimonial à l’intérieur », les signataires de cette tribune s’élevaient ainsi contre la volonté de l’évêché de « mettre en place un autre parcours » à Notre-Dame qui « réduit à néant la conception patiemment élaborée par Viollet-le-Duc » et prévoit l’installation des « mêmes “dispositifs de médiation” à la mode […] que l’on trouve dans tous les projets culturels “immersifs” où bien souvent la niaiserie le dispute au kitsch » ! Reste que, comme souvent, la critique la plus féroce à l’encontre de ce projet délirant est peut-être venue des journalistes britanniques du Daily Telegraph qui, il y a quelques jours, fustigeaient la volonté du diocèse de Paris de créer au cœur de Notre-Dame… un « Disneyland politiquement correct ». •

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