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La bourse ou l’amphi !

Macron s’attaque à la quasi-gratuité des universités

Devant la Conférence des présidents d’universités, le candidat Macron a évoqué la possible fin de la quasi-gratuité des études supérieures en France et la « nécessaire » transformation de l’Université française afin que celle-ci se rapproche du modèle américain. Pour ne pas avoir voulu limiter la massification des études supérieures par une véritable sélection au talent, c’est donc la ploutocratie qui l’emporte sur la méritocratie.

Invité jeudi dernier au 50e anniversaire du congrès de la Conférence des présidents d’universités, Macron a prononcé un discours de clôture qui n’en finit plus de susciter l’inquiétude du monde universitaire et la colère des syndicats étudiants. Et pour cause : en esquissant les grandes lignes de ce que pourrait être un deuxième quinquennat pour l’enseignement supérieur, le président, jugeant inefficace le système d’études « sans aucun prix » pour les étudiants, s’est clairement prononcé en faveur de la fin de la quasi-gratuité des universités. Un choix qu’il a tenté de justifier notamment par le taux d’échec des étudiants en première année. Or, si ce dernier est effectivement impressionnant, ce n’est pas en raison de la quasi-gratuité des études universitaires, mais d’abord et avant tout parce qu’aucune véritable sélection n’a été effectuée en amont !

L’Etat, premier responsable du fiasco universitaire

Déplorant le fait que « seuls 50 % des étudiants se présentent aux examens » en fin de première année, Macron a ainsi averti : « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où pourtant nous avons tant de précarité étudiante, et une difficulté à financer un modèle beaucoup plus financé par l’argent public que partout dans le monde. » Une situation dont le président, comme tous ceux qui l’ont précédé à l’Elysée depuis des décennies, est pourtant largement responsable. Comment en effet s’inquiéter aujourd’hui de l’incroyable encombrement des facs, du taux d’échec effrayant en première année, ou encore du coût faramineux des universités pour l’Etat, lorsque depuis des années on applique la politique démagogique du « baccalauréat pour tous » ? Rappelons que, l’an dernier encore, plus de 95 % des candidats de la filière générale ont décroché ce diplôme qui, à force de non-sélection, n’en est plus vraiment un !

L’argent plutôt que le mérite

Alors que le bon sens devrait aujourd’hui pousser l’Etat à revenir à la saine et juste sélection au mérite et au travail, Macron, pour ne pas aller contre la « religion de l’égalitarisme », projette maintenant d’instaurer la sélection la plus injuste qui soit : celle fondée sur l’argent. Sa proposition n’a en tout cas pas manqué de faire réagir l’opposition, notamment Valérie Pécresse qui a dénoncé une « provocation » du président. Mais surtout les syndicats étudiants, dont l’UNI qui a qualifié dans un communiqué le discours d’Emmanuel Macron d’« aveu de ses propres échecs ». En effet, a rappelé le syndicat rangé à droite, « cela fait cinq ans que le gouvernement refuse de prendre en compte les positions de l’UNI visant à une meilleure orientation des élèves dès le lycée, à promouvoir les filières courtes et à la professionnalisation de nos cursus » ! •

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