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Sous le signe de Jacques Bainville, une soirée à la Nouvelle Librairie

La Nouvelle Librairie, presque en face du Sénat, a ouvert ses portes en 2018. « Le Quartier latin n’est plus pour nous une ZAD, une zone à défendre, expliquent ses fondateurs. On l’a déserté depuis trop longtemps. C’est une ZAR, une zone à reprendre. La Nouvelle Librairie s’inscrit dans cette Reconquista. » Lundi soir, pour attribuer le 4e prix des lecteurs de la presse française libre, c’est donc cette librairie qui accueillait les animateurs du prix. Maître Thierry Bouclier était venu de Bordeaux pour remettre le prix à Jean-Yves Le Gallou en l’absence d’Eric Zemmour, dont l’emploi du temps est spécialement chargé actuellement. Quand les animateurs des quatre médias associés pour l’attribution de ce prix ont sélectionné seize livres, Eric Zemmour venait tout juste de publier La France n’a pas dit son dernier mot, et beaucoup pensaient que cette rumeur sur une éventuelle candidature présidentielle n’était qu’une opération médiatique pour en favoriser le succès. Il a donc fait partie de la sélection sans que les organisateurs imaginent que Zemmour deviendrait l’élément le plus attractif de cette présidentielle.

C’est donc Jean-Yves Le Gallou qui est venu recevoir le prix en son nom, se faisant à cette occasion son porte-parole. Le livre d’Eric Zemmour a été plébiscité par les lecteurs des quatre médias organisateurs. Ce qui ne réduit pas pour autant les mérites des autres livres en compétition. D’ailleurs Eric Zemmour – comme Thierry Bouclier et Jean-Yves Le Gallou – s’est réjoui de constater que le livre de Christophe Dickès consacré à Jacques Bainville était arrivé en seconde position. On sait que Zemmour doit pour partie à la lecture de Bainville son propre engagement.

Parmi les participants, on reconnaissait François Bousquet, qui avait été lauréat du prix il y a deux ans, l’essayiste François-Bernard Huygue, Hilaire de Crémiers et Francis Venciton, pour Le Bien commun, Patrick Wagner pour Livr’arbitres, Henri Baclet pout Politique Magazine, mais aussi la jeune présidente de l’Institut Emmanuel Ratier, et plusieurs collaborateurs de Présent, dont notre dessinatrice Chard. •

Francis Bergeron


Remise du prix du livre

Le discours de Thierry Bouclier

Nous voici réunis pour la quatrième année consécutive, autour du quotidien Présent, de la revue Livr’arbitres et des magazines Politique Magazine et Le Bien Commun pour la remise du Prix de la presse française libre.

Que de chemin parcouru depuis la première édition de ce Prix. En 2019, nous étions rassemblés autour de Jean-Marie Le Pen pour le couronnement du premier tome de ses mémoires, Fils de la nation, puis en 2020 avec François Bousquet pour son essai Courage, et l’année dernière, avec Gabrielle Cluzel, pour son essai, Enracinés.

La nation. Le courage. L’enracinement. Comme un fil d’Ariane nous conduisant à Eric Zemmour et à la France qui refuse de dire son dernier mot. Mais avant de vous parler de son livre qui a été plébiscité par nos lecteurs, laissez-moi vous dire quelques mots des deux ouvrages arrivés en troisième et deuxième positions.

Hôtel Beauregard, du jeune et talentueux Thomas Clavel, est un magnifique et terrible roman, du temps présent. Le temps de l’hystérie collective, de la folie hygiéniste, de la délation, de la lâcheté et de la peur irraisonnée. Probablement le livre le plus puissant écrit sur ce que certains appellent une crise sanitaire, mais qui est en réalité une crise politique, une crise de civilisation. Que celui qui, à juste titre, a mesuré la réalité et les dangers du Grand Remplacement, n’oublie pas ceux du Grand Effacement, tout aussi redoutables. L’effacement des visages, des libertés, du droit et de la raison que nous connaissons depuis deux ans.

En deuxième position dans le choix de nos lecteurs, et comme un clin d’œil de l’Histoire, Les lois de la politique étrangère selon Jacques Bainville de Christophe Dickès. De même qu’il existe des spécialistes de Maurras, de Céline, de Béraud ou de Péguy, il existe un spécialiste de Bainville en la personne de Christophe Dickès qui les connaît, lui et son œuvre, mieux que quiconque. Evoquant Bainville, nous songeons naturellement à son irremplaçable Histoire de France, mais l’actualité nous renvoie davantage à un autre de ses maîtres ouvrages, Les Conséquences politiques de la paix. Dès 1919, le grand historien, par sa force d’analyse, avait prédit tous les drames que l’Europe allait vivre au cours des deux décennies suivantes. Mais à l’image de Cassandre, Bainville n’a pas été écouté et l’Europe a connu le sort tragique de Troie.

Comme la cité de Troie et la vieille Europe, la France est aujourd’hui à la croisée des chemins et ceux qui sonnent le tocsin sont, au mieux ignorés, au pire vilipendés, dénoncés et condamnés. Jean-Marie Le Pen hier. Eric Zemmour aujourd’hui.

Lorsque son essai est sorti, Eric Zemmour n’était pas encore candidat. Ce n’est donc pas un livre programme, mais un livre constat, faisant suite à son magistral Suicide français. Le constat rigoureux de la décadence française et de tous ses symptômes. La démission des élites. Le renoncement. Le politiquement correct. La haine de soi. La déconstruction de l’Histoire. L’imposture de l’antiracisme. Le nihilisme issu de fausses valeurs de Mai 68. La perte du sacré. L’inversion des mœurs. La fuite en avant dans un européisme chimérique. En un mot : la volonté suicidaire de mettre un terme à l’aventure française. Mais la France n’a pas dit son dernier mot ! Et nous savons que là où il y a une volonté, il y a un chemin.

Nous sommes en 2022. Laissez-moi vous confier que j’ai toujours cru aux symboles des dates.

Il y a quarante ans, en 1982, Présent voyait le jour. Beaucoup n’y croyaient pas. Quatre décennies plus tard, le grand quotidien national est toujours présent. Un miracle permanent qui démontre que la persévérance peut tout et que le désespoir en politique est bien, comme le savent nos amis de Politique Magazine et du Bien commun, une sottise absolue.

Il y a vingt ans, en 2002, un 21 avril est entré dans l’Histoire pour demeurer à jamais dans toutes les mémoires. Ce jour-là, nous avons compris que le mur pouvait être ébranlé, à défaut d’être brisé.

Entre temps, un autre ouvrage essentiel était sorti, sans être suffisamment lu : La Préférence nationale : Réponse à l’immigration. Un ouvrage que nous devons à Jean-Yves Le Gallou, qui vient aujourd’hui recevoir, au nom d’Eric Zemmour, le Prix de la presse française libre. Cette présence ne doit rien au hasard.

Cher Jean-Yves, comme chacun de nous, vous savez que la France n’a pas dit son dernier mot. Dès 1985, vous apportiez la réponse pour que celle-ci puisse poursuivre sa formidable épopée. Gageons que l’année 2022 sera celle où votre réponse sera enfin entendue ! •

Thierry Bouclier

 

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