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Dette publique : la France à découvert

Le gouvernement bombe le torse : selon l’interprétation « officielle » du rapport rendu par l’INSEE, la dette publique serait à revoir à la baisse. Un joli coup de pouce pour le candidat Macron. Mais la vérité est tenace et elle désavoue les rodomontades des ministres, car à la lecture des chiffres, le poids du déficit s’est encore alourdi de près de 165 milliards d’euros ! À l’heure du retour de l’inflation, ces petits mensonges risquent de faire tache sur la facture.

Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics, le même qui a essayé de justifier, sans y parvenir, les sommes faramineuses versées à des cabinets de conseil comme McKinsey, le même qui est visé par une enquête du Parquet national financier pour corruption (avec un tel curriculum, comment ne pas avoir confiance en lui ?), avait beau se féliciter mardi de l’annonce par l’INSEE d’une dette et d’un déficit public pour l’année 2021 moins catastrophiques que prévu, ceux-ci n’en atteignent pas moins aujourd’hui un niveau stratosphérique qui hypothèque gravement l’avenir de notre pays. D’autant plus que, si la faiblesse – voire la négativité – des taux d’intérêt a longtemps permis de rendre le coût de la dette française relativement supportable, tous les experts économiques s’accordent à dire qu’avec la reprise de l’inflation ceux-ci vont immanquablement repartir à la hausse, aggravant ainsi encore un plus notre situation.

Le coup de pouce de l’INSEE à Macron

L’annonce par l’INSEE, à quelques jours de la présidentielle, d’une révision à la baisse par ses services de la dette (112,9 % du PIB au lieu des 114 % attendus) et du déficit public (6,5 % contre 8,4 % attendus) a évidemment atteint son objectif : relayée par l’ensemble des médias de la Macronie, elle a permis à Dussopt de vanter la prétendue « réussite économique » du quinquennat, et d’affirmer que ces chiffres confirmaient « l’efficacité du plan d’urgence et du plan de relance pour notre économie » adoptés par le gouvernement. C’est oublier bien vite que, en 2020, dette et déficit français avaient atteint des niveaux records, avec des taux respectifs de 114,6 % et de 8,9 %, et qu’entre-temps le phénomène de « rattrapage économique » observé dans la quasi-totalité des pays européens a aussi bénéficié mécaniquement à la France. Ce léger « recul » n’est donc pas le moins du monde à mettre au crédit de Macron et de son gouvernement.

Près de 165 milliards d’euros en plus !

Surtout, ce que le ministre des Comptes publics s’est bien gardé de souligner, c’est qu’en valeur absolue la dette s’est en réalité encore alourdie de près de 165 milliards d’euros, pour atteindre 2 813,1 milliards d’euros ! Et comment pourrait-il en être autrement quand, par ailleurs, l’INSEE constate dans sa note que les dépenses des administrations publiques (Etat, collectivités et Sécurité sociale) ont augmenté de 57,1 milliards d’euros (+ 4 %), représentant ainsi 59,2 % du PIB ! Pour un Macron qui, lors de sa première campagne présidentielle, s’était engagé à réduire la dette et le déficit public de la France, notamment en passant par une suppression de 120 000 postes dans la fonction publique (qui s’est traduite en réalité par une augmentation de 170 000 postes durant son quinquennat), on ne peut guère parler de « réussite économique »… Par ailleurs, on soulignera que ces niveaux effrayants d’endettement et de déficit de notre pays sont d’autant plus préoccupants que, l’inflation ayant fait son retour, tous les experts s’attendent à ce que les taux d’intérêt repartent à la hausse. Ce qui aura évidemment pour conséquence de porter le coût des intérêts de la dette à plusieurs milliards d’euros supplémentaires par an, avec toutes les conséquences désastreuses que cela implique. •

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