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La lettre « Z » va-t-elle être interdite en Allemagne ?

La lettre « Z » peinte sur les équipements militaires russes utilisés dans le cadre de l’invasion de la Fédération de Russie en Ukraine est devenue un symbole du soutien à cette agression. On l’affiche, surtout en Russie mais parfois aussi à l’étranger, sur les vêtements et les véhicules ou sous forme de graffitis dans l’espace public. Selon une des interprétations qui ont cours, cette lettre serait une référence à l’expression russe, écrite en alphabet latin,« Za pobiedou » (Pour la victoire – За победу).

Son utilisation publique est désormais interdite dans deux lands allemands – en Bavière et en Basse-Saxe – et peut coûter jusqu’à trois ans de prison aux contrevenants. Les autorités de ces lands considèrent que, puisque l’affichage de la lettre « Z » exprime un soutien à l’invasion russe en Ukraine, c’est un soutien en faveur d’activités criminelles. Le ministre de l’Intérieur du land de Berlin a également déclaré que les autorités de la ville interviendraient en cas d’utilisation du symbole Z pour approuver l’agression russe. Selon Daniel Sievke (CDU), vice-président du parlement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, « cette lettre est une déclaration de guerre à la démocratie libérale » et devrait être traitée comme les autres symboles anticonstitutionnels en Allemagne où les lois interdisant l’utilisation d’une large gamme de symboles associés principalement au nazisme sont très strictes.

À l’instar de la République Tchèque où la même discussion se poursuit, les autorités allemandes au niveau fédéral considèrent que la lettre « Z » en tant que telle ne peut pas être interdite, mais l’intention dans laquelle elle est utilisée peut en effet, dans des cas particuliers, constituer un soutien à la guerre d’agression russe et faire alors l’objet de poursuites. Le porte-parole du ministère fédéral de l’Intérieur a ainsi déclaré : « Les autorités fédérales chargées de la sécurité ont l’œil sur cette question et, à cet égard, nous nous félicitons de l’annonce selon laquelle plusieurs États fédéraux examineront dans des cas particuliers s’il peut s’agir d’un acte criminel et prendront des mesures en conséquence ».

Trois ans de prison pour un soutien affiché à l’invasion russe de l’Ukraine, c’est moins que les quinze ans désormais encourus par les Russes qui s’aventurent à critiquer les agissements militaires de leur pays, mais pour des démocraties qui se veulent « libérales », c’est déjà beaucoup.

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