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Macron joue la carte de la démagogie

Au premier tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a déjà fait le plein des voix de la droite bourgeoise, toujours plus préoccupée par son épargne que par l’avenir du pays, en siphonnant notamment les dernières forces vives du cadavre des Républicains. Maintenant, pour assurer sa réélection le 24 avril, il doit séduire une partie de la gauche, notamment celle des « Insoumis » qui peine à se rallier à son panache libéral au seul prétexte d’un « antifascisme » fantasmatique. Il convient donc de lui donner sinon des gages du moindre des « signes » de « préoccupations de gauche » afin de rallier les suffrages réticents. Le président sortant s’y est d’ailleurs employé dès le lendemain du scrutin du premier tour, n’hésitant pas à dépasser une fois encore les frontières de la démagogie, en suggérant toujours, sans jamais rien promettre de ferme et définitif. C’est ainsi qu’il a affirmé être « prêt à compléter [son] projet pour aller plus loin sur certains sujets, y compris quand ça vient des opposants ». Cela ne mange pas de pain, et ça n’engage à rien, mais ça donne l’idée d’une certaine « ouverture ». Cet exercice de langue de bois a été complété par l’évocation d’une possible modification de son projet de réforme des retraites, entrouvrant la porte à un report de l’âge légal de départ à la retraite entre 63 et 64 ans au lieu de 65. Pas de quoi faire bondir de joie les mélenchonistes mais néanmoins une (toute) petite concession « sociale » qui pourrait porter ses fruits chez les plus naïfs des électeurs. Il a également déclaré qu’il n’écartait pas la possibilité d’un recours au référendum sur ce thème des retraites. Une promesse qui, comme on le sait, n’engage que ceux qui y croient.

Par ailleurs, en visite à Denain dans le Nord, le candidat, pris à partie sur la question du Covid et de sa volonté « d’emmerder jusqu’au bout » les non vaccinés, a poussé la mauvaise foi jusqu’à prétendre que son expression était « affectueuse ». Il est en effet très « affectueux » de priver une partie de sa population de toute existence sociale et même parfois professionnelle. « Je l’ai dit de manière entre guillemets affectueuse », et si son interlocutrice a été blessée par ses propos, c’est qu’elle a « choisi de le prendre comme une insulte » a-t-il osé affirmer, sans rougir et le sourire aux lèvres. Il a ensuite évoqué la possibilité d’une réintégration des soignants non vaccinés lorsque que l’on aura retrouvé une situation épidémique « normale ».

On le voit, après avoir joué le bravache et le grand diviseur des Français, le candidat Macron se doit de polir son image et d’apparaître comme un « rassembleur », notamment proche du « petit peuple ». Exercice délicat pour « Jupiter » qui a multiplié durant son premier mandat les démonstrations de mépris social et les déclarations vexatoires envers les gens « qui ne sont rien » parce qu’ils ne sont ni banquiers d’affaires ni dirigeants de « start-ups ».

Au regard de ces premiers jours de campagne de l’entre-deux tours, et quoi que l’on pense de Marine Le Pen et de l’aseptisation sensible de son programme (notamment sur la question cruciale du grand remplacement et de la remigration), un seul mot d’ordre s’impose de façon catégorique : tout sauf Macron ! •

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