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Sois jeune… et fais barrage

Université de Nantes, Sorbonne, ENS, Sciences Po… La bourgeoisie « sachante » n’aime pas la démocratie

Qu’ils soient professeurs ou étudiants, les petits soldats de la bien-pensance et du conformisme intellectuel n’aiment pas être dérangés dans leurs certitudes moutonnières et leur routine satisfaite. Surtout lorsque ce sont des électeurs largement issus des classes moyennes et populaires – autant dire des gueux – qui prétendent bousculer leur règne bienheureux de progressistes et d’immigrationnistes béats.

Ainsi, à Nantes, la présidente de l’université, Carine Bernault, s’asseyant allègrement sur tous les principes de neutralité des services publics, a écrit aux étudiants pour appeler à « faire barrage à Marine Le Pen ». Cet invraisemblable courriel a été adressé aux quelque 42 000 étudiants et 4 000 membres du personnel de l’université nantaise. La présidente affirme que cette prise de position est en accord avec celle publiée la veille par France Universités, organisation rassemblant les dirigeants de 116 établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Cette conférence des présidents a, elle, explicitement appelé à voter pour Emmanuel Macron. On imagine le scandale effroyable si un responsable d’établissement universitaire avait pris la même initiative mais en faveur de la candidate patriote. Il serait sans nul doute déjà mis à pied, si ce n’est définitivement radié de ses fonctions. Mais contre la « menace nationaliste » tous les moyens sont bons, tout est toléré.

Par ailleurs, à Paris, un certain nombre d’étudiants mécontents du choix des urnes – la démocratie c’est très bien tant qu’elle valide leurs propres choix – ont décidé d’occuper ou de bloquer l’entrée de divers centres universitaires, notamment l’ENS et la Sorbonne, pour protester contre le « faux choix » que constituerait le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Etrange conception d’ailleurs puisque jamais peut-être le choix offert aux Français n’a été au contraire plus clair et plus radical puisque ce sont deux visions du monde totalement opposées qui s’affrontent, le nationalisme contre le mondialisme, la justice sociale contre le tout libéral, la sécurité contre le laxisme, le local contre le global, l’identité contre l’indifférenciation.

Quoi qu’il en soit, ces étudiants ont décidé de contester le verdict des urnes car ils estiment que l’élection leur a été « volée », sans doute parce que leur champion Jean-Luc Mélenchon n’a pas été qualifié pour le second tour. Quelques heurts ont éclaté avec les CRS.

Rue Saint-Guillaume, cent cinquante étudiants se proclamant « antifas » qui bloquaient l’entrée de Sciences Po ont été dispersés par une trentaine de militants nationalistes de diverses obédiences, obligeant les bloqueurs à fuir en tous sens, oubliant leurs mâles banderoles « Pas de quartier pour les fachos » sur le bitume et dans le caniveau. Le syndicat La Cocarde Etudiante a profité de l’occasion pour rappeler qu’il était la seule organisation étudiante à appeler clairement à voter Marine Le Pen alors même que la plupart des farouches militants gauchistes s’apprêtent à voter pour celui qu’ils conspuaient hier pour sa politique libérale et sa volonté d’instaurer en France une université « à l’américaine ». Mais cela fait bien longtemps que l’on sait que la cohérence et le courage politique ne sont pas les spécialités de ces révolutionnaires en peau de lapin… •

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