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Dimanche in albis

« Si je ne vois dans ses mains le trou des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. »

La foi en la Résurrection ne fut pas chez les Apôtres le fruit d’une illusion. Ils étaient pénétrés d’une croyance erronée et indéracinable. Ils croyaient à l’avènement d’un règne messianique politique. C’était une illusion très entêtée qui ne les portait pas à croire en la réalité de la Résurrection du matin de Pâques.

On est même surpris de l’extrême difficulté qu’ont eue certains, comme Thomas, à baisser les armes. Ce qui est étonnant, c’est que les ennemis de Jésus avaient entendu l’annonce de la Résurrection, et ils l’avaient retenue en plaçant des gardes devant le tombeau.

Les Apôtres ont oublié les annonces et les prévenances de Jésus qui furent nombreuses.

La cinquième apparition avait été pour tous les Apôtres à l’exception de Thomas. Malgré tous les récits concordants, les disciples continuaient de douter. Il est assez vraisemblable que sur le moment, lorsqu’ils entendaient les récits concordants, ils en étaient touchés, convaincus, puisque presque aussitôt après le doute revenait… La foi n’est pas affaire de sentiment ou d’état d’âme.

Pendant que les onze à l’exception de Thomas parlaient encore des récits des disciples d’Emmaüs, Jésus se tint au milieu d’eux, toutes portes fermées. Les Apôtres se barricadaient à cause de la peur que les juifs leur inspiraient, précise saint Jean. Il dut y avoir un silence… Alors Notre-Seigneur leur dit : « La paix soit avec vous ! » A l’écoute de cette parole, les doutes auraient dû fondre… Mais, non, ils étaient stupéfaits et remplis de crainte… Ils croyaient que c’était un esprit.

« De quoi êtes-vous troublés… C’est moi… Regardez mes mains… Avez-vous de quoi manger ? » Les esprits ne parlent pas comme ça. Les Apôtres se rendirent lentement et successivement à la plus aveuglante des évidences.

Ce qui nous émeut encore plus, c’est cette volonté de n’en perdre aucun. Le Christ ressuscité ne perdait pas du regard ce pauvre Thomas. Lorsque les Apôtres lui rapportèrent l’apparition de Jésus, il leur avait dit que s’il ne mettait le doigt dans ses plaies, il ne croirait pas.

Huit jours plus tard, Thomas était là. L’envie de croire l’avait attiré avec les autres. Jésus revint, portes fermées… « La paix soit avec vous ! »

Le Christ devança la demande de Thomas. Donne ton doigt, et vois mes mains… Donne ta main, mets-la dans mon côté… Ne sois plus incrédule mais croyant. Thomas l’a-t-il fait ? N’a-t-il pas été subjugué par le Christ qui devance ses désirs ?

Thomas, vaincu par tant de bonté, dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Cependant Jésus lui donna une leçon : c’était moins à la parole de Jésus qu’aux témoignages de ses sens que Thomas croyait. Sans doute nous pouvons demander des preuves, mais nous avons aussi l’obligation de nous en tenir à celles que le Bon Dieu nous donne, parce que cela nous suffit. •

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