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Un vice-président de la banque de Gazprom parti combattre aux côtés de l’Ukraine

Vice-président jusqu’au 2 mars dernier de Gazprombank, la banque de la compagnie gazière russe Gazprom, Igor Volobouïev (Игорь Волобуев) a démissionné puis quitté la Russie pour combattre l’agresseur russe aux côtés des Ukrainiens, afin de défendre sa patrie de naissance.

Igor Volobouïev est en effet né en 1971 à Okhtyrka, une ville ukrainienne dans le nord-est de l’Ukraine près de la frontière avec la Russie. Il a fait ses études à Moscou et a passé la majorité de sa vie en Russie, occupant des postes importants dans plusieurs entreprises contrôlées par l’état. Chez Gazprombank, Volobouïev a travaillé pendant six ans au poste de responsable de la politique de communication. Auparavant, il avait travaillé pendant seize ans pour la compagnie gazière nationale russe Gazprom, dont neuf en tant que porte-parole, ainsi qu’il l’explique dans un entretien publié le 28 avril sur YouTube, sous le titre « Igor Volobouïev. Chez Gazprom, ils comprennent que c’est une catastrophe ! ». Un entretien au cours du lequel il expose les raisons de sa décision de partir se battre du côté des Ukrainiens.

Bien qu’il ait passé 33 ans de sa vie en Russie dont il est citoyen, ce cadre supérieur de la Gazprombank avait toujours conservé des relations très proches avec sa ville natale où vivait son père, ses frères et ses amis. Dans cet entretien disponible sur Youtoube, il déclare : « En 2014 [après l’occupation de la Crimée et la guerre de la Russie contre l’Ukraine dans le Donbass] j’ai réalisé que ce qui se passe en Russie est une menace non seulement pour la Russie ou pour l’Ukraine mais pour le monde entier. » Mais ce ne sont que les événements récents, et surtout l’attaque contre sa ville natale d’Okhtyrka le 28 février – un bombardement dans lequel plus de 70 personnes ont perdu la vie – qui l’ont poussé à quitter son poste bien payé de propagandiste au service du Kremlin et à rejoindre ses amis dans les rangs de la défense territoriale ukrainienne.

« En quelques jours, j’ai décidé que je ne pouvais plus vivre en Russie. Les Russes tuaient mon père, mes amis, mes proches. Mon père a vécu dans une cave froide pendant un mois. Des gens que je connaissais depuis mon enfance m’ont dit qu’ils avaient honte de moi… J’ai pris mes affaires et je suis parti pour l’Ukraine le 2 mars. »

Volobouïev qualifie les opérations militaires russes de crimes de guerre et en fait porter la responsabilité non seulement à Poutine mais à toute la nation russe : « Ce n’est pas Poutine qui tue les Ukrainiens ici, pas Poutine qui vole les toilettes [les sièges de WC dans les maisons, pour les emmener en Russie, ndlr.], pas Poutine qui viole les femmes. Ce sont des Russes qui font cela. Et bien que je sois d’origine ukrainienne, je suis également responsable de ce qui se passe ici. J’ai honte. J’aurai honte toute ma vie car je ne suis pas seulement citoyen russe. Je suis né ici [en Ukraine, ndlr]. J’ai vécu ici pendant 18 ans. Et donc ma responsabilité dans tout cela est deux fois, trois fois plus grande », s’est-il également confié aux journalistes du site ukrainien LIGA.net.

L’ancien cadre de la Gazprombank reconnaît même avoir activement participé à une véritable guerre de l’information dont l’objectif était de discréditer l’Ukraine en tant que pays fiable pour le transit du gaz en Europe, afin de construire des gazoducs contournant son territoire, dont le fameux Nord Stream II, ceci afin de couper l’Ukraine de ressources financières importantes et de l’étouffer économiquement.

Igor Volobouïev a également commenté le décès du premier vice-président de la Gazprombank, Vladislav Avaïev, et de sa famille. Les autorités russes ont rapporté que le directeur avait tué sa femme et sa fille, puis s’était suicidé. Volobouïev n’en croit pas un mot et est convaincu qu’il s’agissait d’une mise en scène, Avaïev ayant probablement eu connaissance d’informations qui lui ont tout simplement coûté la vie.

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