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Prix en otage

Hausse faramineuse des prix… la faute à la spéculation ?

N’avez-vous jamais éprouvé, au cours de ces dernières semaines, la pénible sensation d’être pris pour des buses et pensé, en faisant vos courses, que l’actuel conflit russo-ukrainien servait largement de prétexte à un certain nombre de profiteurs désireux de gonfler artificiellement leurs prix pour accroître de manière éhontée leurs bénéfices ? Eh bien, « rassurez-vous », selon certains acteurs et observateurs de notre économie, non seulement cette impression n’a rien d’une illusion, mais la spéculation serait même la première responsable de l’inflation que nous subissons depuis maintenant des mois.

« C’est du pipeau ! »

Rappelons tout d’abord que, si la hausse des prix s’est effectivement accélérée depuis l’entrée des chars russes en Ukraine, celle-ci avait cependant déjà commencé avant cette crise internationale. Notamment dans le domaine de l’énergie, avec l’augmentation spectaculaire des prix des carburants, de l’électricité ou bien encore du gaz. Or, comme l’on pouvait s’y attendre, et même s’il est évident que le conflit russo-ukrainien impacte forcément un certain nombre de secteurs de notre économie, les profiteurs sont, comme toujours, au rendez-vous. C’est ainsi, en tout cas, qu’il faut interpréter les récentes déclarations de Michel-Edouard Leclerc, le très médiatique président des centres E. Leclerc qui, interviewé mercredi par les journalistes de CNews, a expliqué que l’inflation observée actuellement en France n’était pas liée à la guerre en Ukraine. En effet, s’est-il exclamé, « c’est du pipeau ! L’huile de tournesol qui manque ici aujourd’hui ou qu’on envoie les gens chercher, ce sont des graines qui ont été récoltées l’année dernière. Donc c’est de la spéculation, au mieux de l’anticipation et il n’y a pas de raison de laisser les prix partir comme ça à la hausse » (voir notre article p. 4).

Lagarde et la BCE pointées du doigt

Un effet direct de la spéculation confirmé par l’économiste de l’Institut Thomas-More Sébastien Laye qui, dans une tribune publiée le 2 mai sur le site de Capital, rendait la Banque centrale européenne largement responsable de l’« inflation hors de contrôle » que subissent aujourd’hui l’ensemble des pays de l’UE. En effet, écrivait ce spécialiste, « en ne normalisant pas sa situation, l’Europe joue contre sa propre monnaie […] et la dévaluation de l’euro contribue en une boucle rétroactive à l’inflation, via les produits énergétiques (gaz, pétrole) et alimentaires dont les marchés internationaux sont labellisés en dollars américains. En six mois, notre euro passé de 1,2 dollar à 1,05 dollar a considérablement renchéri le prix de ces produits pour le consommateur français, au-delà de l’inflation commune. On peut donc s’attendre à ce que la France rejoigne la cohorte des pays avec une inflation vers 7-8 % cet été ». Et Sébastien Laye de conclure alors : « la clef du problème est à Francfort et du côté de Mme Lagarde : la politique des pyromanes et de l’argent facile […] doit cesser ». Car nous sommes en train d’« alimenter une spéculation folle qui a détruit notre économie réelle ».

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