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La France désarmée

La guerre de haute intensité fait son retour en Europe ? En France, on dissout des compagnies de combat !

Dire que la guerre de haute intensité a fait un retour fracassant en Europe et qu’il faut par conséquent s’y préparer de toute urgence a beau être devenu aujourd’hui un lieu commun, le pouvoir politique français, décidément indécrottable, n’en continue pas moins le démantèlement systématique de notre armée. Témoin parmi tant d’autres : les nombreuses dissolutions de compagnies de combat auxquelles nous assistons aujourd’hui, alors même que ces dernières jouent précisément un rôle de premier plan dans le cadre d’un conflit de haute intensité !

Aberrante réduction des effectifs combattants

Le 29 avril dernier, le prestigieux 3e régiment d’infanterie de marine organisait dans son quartier Foch, à Vannes, une émouvante cérémonie en hommage à sa 5e compagnie de combat, récemment condamnée à la dissolution. Une réduction du nombre des personnels combattants qui est loin d’être un cas isolé puisque, au cours de ces derniers mois, plusieurs régiments dits « de mêlée » ont également vu fondre le nombre de leurs compagnies de combat. Un phénomène tellement aberrant et inquiétant au vu des évolutions stratégiques et tactiques de ces dernières années que le sénateur UC Philippe Bonnecarrère a décidé, en février dernier, d’interpeller sur ce point le ministère des Armées. Rappelant dans son courrier qu’un conflit de haute intensité « a comme caractéristique, peut-être principale, de nécessiter l’engagement d’effectifs plus importants que dans le cadre des guerres dites “asymétriques” » et jugeant « très surprenant, au moins dans le domaine de l’infanterie […], de constater que les régiments qui avaient été portés à cinq compagnies de combat sont maintenant réalignés à quatre compagnies, ce qui représente une diminution des effectifs », l’élu du Tarn avait alors demandé au ministère des Armées de s’expliquer sur cette « réduction du nombre de compagnies de combat dans l’armée de terre ».

Le ministère des Armées sommé de s’expliquer

Or, la réponse apportée par la rue Saint-Dominique à la question du sénateur Bonnecarrère aura été pour le moins déconcertante. En effet, expliquant que « de nouvelles adaptations sont apparues nécessaires pour permettre à l’armée de terre de conserver la supériorité opérationnelle dans la perspective d’engagements majeurs, y compris dans les nouveaux champs de conflictualité », le ministère des Armées indiquait alors qu’une « partie des effectifs récemment attribués à la mêlée a été réorientée pour renforcer les états-majors de régiment et les capacités de numérisation et de simulation, densifier la maintenance aéronautique et terrestre, développer la capacité drone et affecter des moyens à la préparation opérationnelle, à la formation et à l’intégration des effets dans les champs immatériels ». En clair, à l’heure où le conflit russo-ukrainien apporte une fois de plus la démonstration que la présence sur le terrain de nombreux combattants, bien formés et bien équipés, est une condition sine qua non de la victoire, la France, elle, renforce ses effectifs… derrière des écrans d’ordinateurs ! •

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