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La Macronie agite le chiffon rouge

Élections législatives

Les petits soldats du gouvernement se lancent à corps perdu dans la campagne électorale pour attaquer le nouveau grand méchant loup de la République : la NUPES et sa cohorte gauchisante. Peu reconnaissants, ils fustigent aujourd’hui ceux qui ont assuré la réélection de Macron.

Confortée par la confortable réélection (grâce notamment aux castors de la gauche « barragiste » et aux épiciers de la droite bourgeoise) de son champion, la Macronie avait retrouvé toute la morgue condescendante qui a caractérisé ses cinq premières années de règne. Elle assumait crânement les mensonges éhontés de son ministre de l’Intérieur quant aux razzias du Stade de France et applaudissait à tout rompre Elisabeth Borne invitant une handicapée à aller bosser plutôt que se plaindre. Par là, les petits minets de la start-up nation et les vieilles haridelles libérales ont peut-être péché par excès de confiance et plusieurs éléments semblent commencer à assombrir le ciel jupitérien dans l’optique des élections législatives dont le premier tour se déroule ce dimanche 12 juin. Pour divers observateurs, la large majorité prévue pourrait ne pas être au rendez-vous et l’ombre mélenchoniste se fait de plus en plus inquiétante. En effet, les candidats de l’alliance des gauches ont réalisé une indéniable percée lors du vote des Français de l’étranger et, même si la sociologie de cet électorat est trop particulière pour en tirer des conclusions générales, cela constitue néanmoins un indice qu’il serait inconséquent de négliger. Par ailleurs, la surexposition médiatique du chef des « insoumis » l’a incontestablement installé dans le rôle de « premier opposant » (bien qu’il ne soit arrivé que troisième de l’élection présidentielle) à Emmanuel Macron et comme possible Premier ministre, créant ainsi une véritable dynamique « à la gauche de la gauche » que l’on peine à discerner ailleurs et notamment dans le camp national qui paraît, hélas, être sorti de l’équation. D’après les sondages (dont il faut certes toujours se méfier, qu’ils soient bons ou mauvais…), le RN semble marquer le pas tandis que Reconquête ne parvient pas à décoller. Dans ce contexte, on pourrait aboutir à la situation ubuesque d’un courant politique qui a rassemblé plus de 40 % des voix au second tour du scrutin présidentiel et qui ne soit finalement représenté à l’Assemblée nationale que par une dérisoire poignée d’élus. Ce n’est pas beau, juste et bon, quand même, la démocratie ? Aux électeurs patriotes de se mobiliser pour faire échec à ce sombre scénario, bien sûr, mais, quoi qu’il en soit, c’est aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon qui apparaît comme la menace la plus immédiate et la plus pressante pour la Macronie. A tel point qu’Oliver Véran a cru bon de monter au créneau contre ce dernier. L’ancien ministre de la Santé s’est en effet montré très critique du programme de La France insoumise et, jouant sur la peur comme il l’a toujours cyniquement fait, a promis « une crise institutionnelle qui rendrait le pays ingouvernable » si le parti présidentiel n’obtenait pas de majorité. Le désormais ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la vie démocratique a également insisté sur le caractère « extrémiste » de Jean-Luc Mélenchon qui ne se serait nullement « recentré avec la NUPES ». Gageons toutefois que tous ces braves gens, une fois passée la comédie de la campagne électorale, sauront toujours se retrouver d’accord sur au moins un point, un objectif : faire disparaître les dernières traces de la France traditionnelle que nous aimons. •

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