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Stade de France : caméra cachée

Le préfet Lallement patauge, les preuves effacées

Le grand n’importe quoi se poursuit. Les incidents survenus au Stade de France le 28 mai dernier continuent de mettre en évidence les failles organisationnelles, sécuritaires mais aussi judiciaires du pays.

C’était l’un des moments très attendus de l’enquête, le préfet de police de Paris Didier Lallement était auditionné jeudi au Sénat par les commissions des lois et de la culture. L’homme au képi bien trop grand pour lui a tenu des propos pour le moins incohérents.

S’il prétend assumer « en totalité » la responsabilité de gestion policière de la journée du samedi 28 mai et estime que sans les policiers et les gendarmes « un drame aurait pu se produire », ce qui leur vaut sa reconnaissance et sa fierté, il admet tout de même un échec.

« N’éludant pas mes responsabilités, j’essaye de regarder avec la plus grande lucidité possible ce qui s’est passé autour du Stade de France ce soir-là, c’est à l’évidence un échec car des personnes ont été bousculées ou agressées alors que nous leur devions la sécurité. C’est un échec aussi car l’image du pays a été ébranlée. »

Pourtant, Didier Lallement ne développe pas son échec et trouve des excuses.

« Je dois insister au-delà de cet échec que face à une crise d’ampleur, dans un contexte dégradé et difficile, nous avons fait en sorte que le match se tienne et surtout qu’il n’y ait aucun blessé grave et aucun mort. »

Rappelons que la France s’est portée volontaire – par le biais d’Emmanuel Macron – pour organiser ce match. Se féliciter qu’il n’y ait pas eu de mort démontre la tiers-mondisation du pays, la sécurité du public étant normalement la moindre des choses lors d’un tel événement. Sur l’absence de blessé, l’on peut en douter vu le nombre d’agressions ultra-violentes.

Interrogé par les sénateurs sur le chiffre de 30 000 à 40 000 supporters sans billets autour du stade, chiffre repris et répété en boucle par Gérald Darmanin, Didier Lallement a expliqué en être à l’origine. Un chiffre sorti de son chapeau, comme de toute évidence tous ceux concernant cette soirée. La FFF et l’UEFA ont de leur côté évalué que 2 800 faux billets avaient été scannés.

Erwan Le Prevost, Directeur des relations institutionnelles de la Fédération française de football, a lui aussi été auditionné, révélant au passage une information scandaleuse : toutes les images de vidéosurveillance de la soirée ont été effacées. « Les images sont disponibles pendant sept jours. Au bout de sept jours, elles sont ensuite automatiquement détruites. On aurait dû avoir une réquisition pour les fournir aux différentes populations […]. Pour avoir été au PC sécurité toute la journée, les images sont extrêmement violentes. »

Interloqué, l’un des sénateurs a signalé que la justice avait été saisie dès le samedi soir. Erwan Le Prevost a précisé que « la justice a été saisie sur la fausse billetterie ».

Ce n’est plus une « théorie du complot », les autorités ont bel et bien voulu faire passer – et continuent de le faire – la question des faux billets comme l’élément perturbateur majeur de cette soirée. Voilà qui dans une société normale devrait déboucher sur la démission immédiate de ministre de l’Intérieur et du préfet de police. •

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