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Fête-Dieu : la messe du père de Foucault

« … j’étais encore à Beni Abbès au moment où [le père de Foucauld] venait d’achever sa chapelle édifiée presque de ses seules mains. C’était un dimanche et je savais que nous ne pouvions lui faire de plus grande joie que d’assister à la messe. Cette chapelle était une pauvre masure aux murs de toub, au sol de terre battue. Il y avait là quelques Arabes, venus non pas pour se convertir […], mais attirés par sa sainteté. Et, devant cet autel, qui n’était qu’une table de bois blanc, devant ces vêtements sacerdotaux d’étoffe grossière, ce crucifix et ces chandeliers en étain, devant toute cette misère, mais aussi devant ce prêtre en extase offrant le sacrifice avec une ferveur qui emplissait le lieu de lumière et de foi, nous éprouvâmes tous une émotion religieuse, un sentiment de grandeur que nous n’avions jamais ressentis au même degré dans les cathédrales les plus somptueuses, en face de la pompe des offices solennels. Par delà les humbles murs de terre, au delà de ces quelques musulmans venus spontanément s’associer à la prière, c’était la vision de l’immensité saharienne, de ce Sahara dont les dunes fauves venaient, comme des vagues, battre le seuil même de la chapelle, et sur lequel il régnait vraiment par la force de cette prière, de ses vertus, de son sacrifice… »

Maréchal Lyautey

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