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Ukraine : États généraux

Macron, Scholz, Draghi et Iohannis ensemble à Kiev

Les chefs d’Etat français, allemand, italien et roumain se sont retrouvés à Kiev autour du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ils ont affirmé leur volonté d’intégrer l’Ukraine à l’Union européenne dans les plus brefs délais, jetant à nouveau de l’huile sur le feu face à une Russie non moins belliqueuse.

Les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Roumanie étaient en visite jeudi à Kiev où ils ont rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky afin de leur apporter leur soutien. Un soutien qui se traduit par la volonté des quatre pays d’octroyer à l’Ukraine le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne et par la promesse de nouvelles livraisons d’armes lourdes pour freiner l’invasion russe. Côté français, ce sont six canons automoteurs Caesar supplémentaires qui ont été promis en plus des douze déjà livrés, tandis que Scholz a promis de fournir une telle assistance militaire « aussi longtemps qu’il le faudra », alors que son pays est souvent critiqué par les dirigeants ukrainiens et aussi par ses alliés occidentaux pour son manque de soutien militaire concret, les annonces allemandes n’ayant souvent pas été suivies d’effets jusqu’ici. Mercredi, le ministre allemand de la Défense, Christine Lambrecht, avait annoncé l’envoi prochain de trois lance-roquettes multiples de fabrication américaine M270. C’est toutefois très peu par rapport à l’artillerie engagée par la Russie en territoire ukrainien et l’apport des trois poids lourds de l’UE – Allemagne, France et Italie – reste très en deçà non seulement de celui des Etats-Unis, mais aussi de ceux du Royaume-Uni ou de la Pologne.

La visite des quatre dirigeants européens à Kiev a toutefois permis certaines clarifications pour les Ukrainiens, car ils ont souligné de concert que c’était à ces derniers de décider seuls des conditions de la paix, assurant que leurs pays respectifs n’avaient pas l’intention d’exercer des pressions pour les pousser à céder du territoire. Scholz a parlé de la brutalité de l’invasion ordonnée par Vladimir Poutine en s’exprimant devant des HLM détruits par l’artillerie russe à Irpin, en banlieue de Kiev, et il a appelé cette invasion une guerre de conquête, tandis que Macron a parlé de barbarie. L’autre clarification concerne la volonté d’accueillir l’Ukraine dans l’Union européenne. Le soutien roumain et italien ne faisait aucun doute, le gouvernement Draghi s’étant même dit à plusieurs reprises favorable à une procédure d’adhésion accélérée. C’était moins clair pour la France et l’Allemagne, mais aussi bien Olaf Scholz qu’Emmanuel Macron ont promis qu’ils allaient postuler au Conseil européen des 23 et 24 juin pour un statut immédiat de candidat à l’UE pour l’Ukraine. Ceci ne signifie toutefois pas que ce pays bénéficiera d’une quelconque procédure accélérée. En revanche, les pays candidats des Balkans occidentaux pourraient bien bénéficier les premiers de cette clarification vis-à-vis de l’Ukraine qui signifie que la France est désormais favorable à l’élargissement de l’UE, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.

L’ancien président et ancien Premier ministre russe Dmitri Medvedev, actuel vice-président du Conseil de sécurité de Russie, a ironisé en écrivant sur son compte Telegram : « Les amateurs européens de grenouilles, de saucisses de foie et de spaghettis aiment visiter Kiev. Ce n’est d’aucune utilité […]. Tout cela ne rapproche pas l’Ukraine de la paix. Et l’heure tourne… » Quelques jours plus tôt, le même Medvedev suggérait que l’Ukraine pourrait bien ne plus exister du tout dans deux ans. La réponse du président ukrainien Zelensky, lors de sa conférence de presse avec les quatre dirigeants européens venus lui rendre visite jeudi : « Chaque jour de retard ou de décisions reportées est une occasion pour les militaires russes de tuer des Ukrainiens ou de détruire nos villes. Il y a une corrélation directe : plus nous recevons des armes puissantes, plus vite nous pouvons libérer notre peuple, notre terre. »

Le président français a tenu à lever toute ambiguïté à ce sujet depuis Kiev, alors qu’on lui reprochait son insistance à ne pas « humilier » Vladimir Poutine et la Russie : « Aujourd’hui, il faut que l’Ukraine puisse résister et l’emporter. L’Europe est à vos côtés et elle le restera autant qu’il le faudra, jusqu’à la victoire. » •

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