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Après le tsunami du 19 juin, un important tournant pour Présent

Message n° 1 à nos lecteurs

Nous n’imaginions pas le choc de dimanche. Mais, pour notre défense, disons que nous n’étions pas les seuls : les plus optimistes, au sein du Rassemblement national lui-même, espéraient… 60 députés (sans trop y croire) ! Toute la vie politique du pays est secouée par le score du 19 juin, avec des rapports de force nouveaux, l’ébranlement des certitudes de nos adversaires, la confusion chez les faux amis de LR, cette « droite républicaine » si prompte à hurler avec les loups, à diaboliser « l’extrême droite », et qui découvre soudain que le roi est nu, qu’un grand parti patriote s’est désormais substitué à elle.

Certes l’union des nationaux ne s’est pas faite au second tour, privant peut-être le camp patriote de députés supplémentaires. Mais, même sur ce point, rien n’était certain. L’affolement des dirigeants LR et macronistes devant la menace Nupes, l’effrayante figure de Mélenchon et de ses amis ont largement contribué à fissurer le « front républicain », ce qui a joué en faveur des candidats RN. Cela aurait-il été le cas si la droite nationale avait été perçue comme susceptible de connaître une telle poussée ?

Le paysage politique change, Présent doit s’adapter à ce nouveau contexte. Présent – vous nous le dites souvent – est un journal de mieux en mieux fait, qui continue à intéresser son public, mais qui arrive souvent dans les boîtes aux lettres avec beaucoup de retard, un quotidien qui, en quelque sorte, raconte une actualité déjà connue de nos lecteurs depuis 24 ou 48 heures, voire plus. Quant à l’équipe du journal, elle constate que, faute de moyens, faute de publicité payante (la première ressource des quotidiens « normaux »), notre visibilité, en kiosque comme sur les réseaux sociaux, est réduite, insuffisante en tout état de cause. Présent s’adresse à des convaincus, des lecteurs qui partagent déjà – et souvent depuis toujours – nos idées. De ce fait, Présent ne participe pas – pas assez – à une conquête des esprits, dans les marges du noyau dur de nos lecteurs. Nous n’avons pas les moyens de nous offrir des campagnes d’affichage en kiosque, de prospection massive. Le quotidien reste en vente quelques heures seulement, avant d’être remplacé par le numéro suivant, et de ce fait nous enregistrons un important volume d’invendus, volume qui s’est accru depuis la crise sanitaire de 2020, les changements d’habitude de lecture, la réduction du nombre de points de vente.

La nécessaire évolution vers l’hebdomadaire

Aussi, depuis plusieurs mois, nous réfléchissions à une évolution de votre journal. Car la situation peut se résumer ainsi : il n’est pas possible de dépenser autant d’énergie pour réaliser un journal quotidien lu par si peu de lecteurs (quelques milliers). Qui plus est, ceux-ci le lisent plusieurs jours après avoir eu connaissance de l’information par la radio, la télévision, les réseaux sociaux. Le papier n’a guère d’avenir en tant que support de l’information « chaude », immédiate. Il doit devenir toujours plus celui de l’analyse, de la réflexion, avec une distance par rapport à l’événement, celui de la photo et du dessin de presse, et aussi celui du terrain, du reportage et des entretiens. C’est le rythme de parution hebdomadaire qui répond le mieux à cette approche. L’équipe de Présent réfléchissait depuis un moment à cette évolution nécessaire. Les bouleversements politiques du 19 juin nous poussent à accélérer ce processus.

Nous prévoyons en conséquence de suspendre la parution du quotidien le 1er juillet, pour renaître sous une forme nouvelle, plus ambitieuse, mieux adaptée, sans rien perdre de l’esprit insufflé par nos fondateurs.

Pourquoi cette suspension le 1er juillet ? La période des vacances correspond aux plus faibles ventes en kiosque. C’est aussi une période où nous n’enregistrons pas d’abonnements ou de réabonnements ni de ventes directes. Autrement dit, les deux mois d’été sont des mois sans recettes, uniquement avec des charges. Qui plus est, beaucoup de nos abonnés retrouvent la pile de leurs journaux au retour de vacances et, même s’ils les lisent avec un certain intérêt, la fonction spécifique du quotidien est alors peu mise à l’honneur.

Bien entendu, les abonnements correspondant à cette période de suspension seront automatiquement prolongés pour une durée identique à la suspension.

Pendant les deux mois d’été, nos abonnés seront tenus informés de l’état de nos travaux destinés à transformer notre modeste quotidien en un hebdomadaire copieux, conquérant, tenant son créneau dans le paysage médiatique.

Mais d’ici le 30 juin, vous trouverez chaque jour dans Présent des précisions sur notre projet. (A suivre.) •

Francis Bergeron, Françoise Pichard,
cogérants

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Chers amis de Présent,

Comme nous l’avons annoncé, notre quotidien a cessé de paraître avec le numéro du 30 juin 2022.

L'ensemble du site reste accessible aux abonnés et aux visiteurs, et il sera mis à jour régulièrement.

Nous travaillons actuellement à la suite de cette grande aventure de presse qui,
sous une autre forme, poursuivra le combat. Nous vous tiendrons informés des évolutions.

Merci pour votre soutien et votre fidélité.