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NUPES : les lendemains qui déchantent

Comme c’était prévisible, l’unité de la Nupes est déjà mise à l’épreuve après les déclarations de Jean-Luc Mélenchon en faveur de la création d’un groupe unique à l’Assemblée nationale. Une perspective immédiatement rejetée par l’ensemble de ses alliés. L’avenir s’annonce tumultueux pour l’improbable caravansérail gauchiste.


Gueule de bois pour l’extrême gauche ! Loin d’avoir obtenu la majorité promise par Jean-Luc Mélenchon, la Nupes a, qui plus est, vu le Rassemblement national obtenir beaucoup plus de députés que prévu, à tel point que le parti de Marine Le Pen pourrait bien avoir prochainement le principal groupe d’opposition à l’Assemblée nationale.

Jean-Luc Mélenchon a perdu son pari ! Au lendemain du second tour des élections législatives, le champion de l’extrême gauche et des islamistes doit se rendre à l’évidence : non seulement il ne sera pas nommé Premier ministre, hypothèse absurde qu’il tentait de faire croire – avec succès – à ses sympathisants, mais il doit désormais se battre pour conserver une place de chef dans son propre camp.

Lundi matin, il s’est adressé à la presse devant le siège de La France insoumise à Paris afin d’avancer ses pions : « Je crois que nous devons être et rester une alternative unie, autrement dit, la Nupes devrait se constituer comme un seul groupe au Parlement, de manière à ce que, sans aucune discussion possible, il soit établi qui mène l’opposition dans le pays et que dès lors nous soyons prêts à tout moment, y compris s’il y a de nouvelles élections, à présenter la candidature de la Nupes. » Des déclarations qui démontrent que son ambition reste intacte mais surtout à quel point le score du Rassemblement national l’a surpris et déstabilisé.

Sans surprise, les militants de La France insoumise ont défendu bec et ongles l’idée avancée par leur meneur. Une idée toutefois pas vraiment du goût du PS, d’EELV et du PCF. Les trois autres partis de la Nupes se sont en effet adressés directement à l’AFP peu après que Jean-Luc Mélenchon a tenté de faire une OPA sur leur mouvement, et ce afin de faire savoir qu’ils refusaient catégoriquement sa proposition, le porte-parole du PS Pierre Jouvet rappelant à cette occasion que « le contrat de coalition était très clair, il prévoyait que chaque parti ait son groupe et qu’ensuite il y ait un intergroupe ». Il y aura donc un groupe socialiste indépendant à l’Assemblée nationale, mais également un groupe écologiste et un groupe communiste.

Alain Coulombel, porte-parole d’EELV, est on ne peut plus clair : « Pas question de se fondre dans un groupe unique. » Le PCF tient un discours similaire, et, dès dimanche soir, la tête de proue Fabien Roussel, réélu dans sa circonscription du Nord, avait même évoqué les défaillances de la Nupes : « L’alliance de gauche ne parle qu’à une partie de la France, celle des villes et non celle de la ruralité. Et on voit bien que nous avons atteint des limites dans ce que nous sommes en train de faire. » Voilà de quoi fâcher encore un peu plus Jean-Luc Mélenchon à nouveau très esseulé quelques heures seulement après le verdict du scrutin.

Son combat désormais ? Que l’alliance mise en place après la présidentielle n’implose pas en un temps record. •

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