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“Présent” hebdomadaire ? Les raisons d’un changement

Message n°2 à nos lecteurs

Un lecteur, Jean-Michel L., nous écrit mardi ce qui suit : « depuis le courant de l’année dernière, j’ai pris l’habitude de lire Présent en avance sur internet. En effet la version papier arrive une fois par an le jour correspondant à la date imprimée, la majorité du temps le lendemain, et celui du samedi le lundi de temps en temps. Il peut aussi arriver, avec deux jours de retard, en même temps que deux autres numéros, celui de l’avant-veille et celui de la veille. »

« Vu les retards, précise notre correspondant, j’avais pris l’habitude de noter, mois par mois, la date de parution, et le jour de livraison. Entre mai 2018 et août 2019, il y avait mensuellement moins d’un jour de retard en moyenne. La situation s’est dégradée : en novembre 2019, 3,4 jours de retard en moyenne ; en mars 2020, 5,38 jours de retard en moyenne, pour culminer en mai 2020 à 7,47 jours de retard, soit plus d’une semaine de retard. Une amélioration avait été notée de septembre 2020 à février 2021 avec un peu plus de 2 jours de retard. Enfin à compter de mars 2021, le retard oscillait entre 1 et 2 jours. En octobre 2021, on avait même frôlé un seul jour de retard. En 2022, février et mars enregistraient à peine plus d’un jour de retard, mais la situation se dégrade depuis avril, pour avoisiner 1,5 jour. Au 20 juin, on compte déjà 15 jours de retard ».

Peut-être notre lecteur a-t-il piégé son jardin, et le facteur ne s’y risque-t-il qu’avec une telle appréhension qu’il retarde toujours sa distribution ? Mais il est à craindre que l’explication soit beaucoup plus simple : la Poste se désengage progressivement de son obligation de distribuer le courrier dans les délais les plus courts. Elle considère à l’évidence que les messages urgents sont désormais acheminés par SMS, courriels et autres, et que seuls les prospectus publicitaires, les factures et les messages sans urgence passent désormais entre ses mains. C’est sans doute vrai. Mais une exception devrait exister pour les quotidiens car pour que le journal conserve un intérêt pour le lecteur, il faut qu’il soit dans la boîte aux lettres à la date prévue, ce qui n’est plus jamais le cas.

Vous touchez ici du doigt le premier problème auquel Présent est confronté en tant que quotidien. Lors de nos opérations de prospection, des lecteurs nous expliquent qu’ils ne confirment pas l’abonnement d’essai parce que le journal arrive trop tardivement. Dans les grandes villes, les principaux quotidiens sont distribués par porteurs privés, mais nous n’avons ni la taille critique ni les moyens financiers de distribuer Présent de cette façon. Tel est désormais le principal obstacle au maintien d’un nombre substantiel de lecteurs.

Tous les quotidiens sont concernés

La seconde difficulté, – nous en avons souvent parlé dans Présent – c’est que les lecteurs recherchent l’information. Confinement et couvre-feux ont été de puissants accélérateurs de ce processus. Acheter un journal chez son kiosquier, c’est coûteux, mais surtout cela n’entre plus dans les habitudes du plus grand nombre, et en particulier des moins de 50 ans. Hors la presse de province, dont la baisse des ventes n’est « que » de 5 % par an, les autres quotidiens papier connaissent une baisse des ventes en kiosque de l’ordre de 10 % par an. Tous les quotidiens sont concernés, à terme, d’où la recherche d’une compensation par les abonnements numériques.

Comment font les autres pour rester quotidiens ? Ils ont de la publicité, et ils ont de puissants mécènes pour qui le quotidien papier, structurellement déficitaire, est un média dont la fonction essentielle est de compléter la palette de leurs outils de communication, pour leur communication et la publicité. Il y a enfin des médias comme L’Humanité, sans lecteurs, mais qui sont traités par les pouvoirs publics comme des monuments historiques. Présent n’entre dans aucune de ces catégories.

C’est pourquoi nous devons évoluer. Il nous semble que la formule hebdomadaire serait une voie médiane, un bon compromis. (A suivre.) •

Francis Bergeron, Françoise Pichard,
cogérants

 

 

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Chers amis de Présent,

Comme nous l’avons annoncé, notre quotidien a cessé de paraître avec le numéro du 30 juin 2022.

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