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L’archipel national-populaire

C’est ce qu’on appelle déjouer les pronostics. En raflant près de 90 circonscriptions, le Rassemblement national a surpris l’ensemble des commentateurs politiques. L’honnêteté nous fait ajouter que ce résultat a surpris jusqu’aux cadres du parti eux-mêmes, qui dans les hypothèses les plus optimistes, espéraient une cinquantaine de députés.

Pour le camp patriote, c’est une heureuse surprise, et un rééquilibrage attendu depuis des années. La représentativité du Rassemblement national n’est pas encore parfaite, mais elle se rapproche, par l’étonnante mécanique de ces élections hors normes, de ce qu’aurait révélé un scrutin proportionnel.

RN du sud et RN du nord. Les analystes s’étaient habitués à ces deux fiefs historiques. Il faudra désormais réviser cette grille. Car si les duels remportés dans l’Aisne, du Nord, de la Somme, du Pas-de-Calais, ceux du Gard, du Var et du Vaucluse n’ont surpris personne, il est plus inédit de voir des départements comme l’Ain, Allier, la Charente, l’Eure ou le Loiret élire un député patriote. Un étonnant arc électoral a fait son apparition ce 19 juin 2022. Il ne recoupe pas tout à fait la France périphérique décrite par Christophe Guilluy, nous ne sommes pas non plus sur l’empreinte historique de la « diagonale du vide ». C’est en tout cas, une revanche populaire qui s’est exprimée. La revanche du bloc populaire contre le bloc élitaire, pour reprendre les catégories de Jérôme Sainte-Marie.

Un bloc populaire beaucoup plus large que son nom pourrait le laisser croire, qui embrasse l’ouvrier d’Hayange et le pharmacien de Pauillac, la femme de ménage de Calais et le patron de PME nîmois. Un bloc qui est de plus en plus celui des Français actifs contre l’élite déconnectée des grandes métropoles, cette élite hors-sol, progressiste aveugle, éternellement béate d’une mondialisation dont elle ne subit pas les dégâts collatéraux. Ce bloc national-populaire qui a repris – modestement – le pouvoir, était invisible politiquement jusqu’alors.

Signe des temps, L’Obs est obligé de constater la rareté des profils que le RN fait entrer au Palais-Bourbon : « Un chauffeur-livreur, un aide-soignant, une ancienne femme de ménage, un matelot, trois policiers… ». Un retour au réel en somme. Nous ne nous faisons pas d’illusions : le système technocratique saura très bien se défendre face à ce retour des réalités concrètes. Mais il faudra que le système politico-médiatique fournisse des efforts démesurés pour parvenir à maintenir un semblant de statu quo. Et, si le groupe Rassemblement national se révèle travailleur, méthodique et courageux, la digue médiatique sautera comme la digue électorale a sauté. Les castors du barrage « républicain » ont perdu une bataille décisive le 19 juin. Elus et militants patriotes ont désormais devant eux un immense chantier, et une très lourde responsabilité. 22 000 communes avaient placé Marine Le Pen en tête au premier tour. C’est un archipel certes, mais un archipel patriote. •

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