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Solennité du Sacré-Cœur

« Les soldats, étant venus à Jésus, et le voyant déjà mort, ne lui rompirent point les jambes ; mais un des soldats lui ouvrit le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. Et celui qui le vit en rend témoignage, et son témoignage est vrai. »

Le symbolisme du côté de Jésus ouvert par la lance de Longin et d’où jaillirent le sang et l’eau est déjà connu par les Pères de l’Eglise ; saint Augustin et saint Jean Chrysostome ont des pages splendides sur les divins sacrements, nés du Cœur aimant du Rédempteur, et sur l’Eglise qui, rayonnante de jeunesse, sort du côté du nouvel Adam endormi sur la Croix.

Quand, au XIIe siècle, saint Bernard oriente la piété mystique de ses moines vers un culte tout à fait spécial rendu à l’humanité du Sauveur, la dévotion au Sacré-Cœur naît. A travers le flanc transpercé par la lance de Longin, la dévotion envers le Christ pénétrait dans l’intime du Cœur divin blessé lui aussi par la lance de l’amour.

Pour saint Bernard, le Cœur de Jésus représente ce creux du rocher où l’Epoux divin invite sa colombe à chercher un refuge. Le fer du soldat est arrivé jusqu’au Cœur du Crucifié pour nous en dévoiler tous les secrets d’amour ; il nous découvre ces entrailles de compassion qui ont conduit le Verbe de Dieu à descendre du ciel pour nous visiter.

Les disciples de saint Bernard développèrent merveilleusement la doctrine mystique du Maître, quand intervinrent les grandes révélations du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Lutgarde, à sainte Gertrude et à sainte Mechtilde.

Un jour, Gertrude, invitée par saint Jean à reposer avec lui sur le Cœur sacré du Seigneur, demanda à l’évangéliste pourquoi il n’avait pas révélé à l’Eglise les délices et les mystères d’amour goûtés par lui à la dernière Cène, quand il appuya sa tête sur la poitrine du Divin Maître. Jean lui répondit que sa mission avait été de révéler aux hommes la nature divine du Verbe, tandis que le langage d’amour exprimé par les battements du Sacré-Cœur entendus par lui devait représenter la révélation des derniers temps, alors que le monde, vieilli et refroidi, aurait besoin de se réchauffer au moyen de ce mystère d’ardente charité.

Le laïcisme qui caractérise l’esprit de la société actuelle veut abaisser le divin et le surnaturel au niveau des institutions humaines. Il n’y a pas d’autre Dieu que le Seigneur Jésus, il n’y a pas d’autre amour véritable que celui de son Sacré-Cœur.

La pensée qui domine la solennité de ce jour est celle qu’exprima Jésus lui-même quand, par l’intermédiaire de sainte Marguerite-Marie, il demanda à la famille catholique l’institution de cette fête : « Voici le Cœur qui a tant aimé les hommes, et qui en est si peu aimé ! »

Il s’agit donc d’une fête de réparation envers l’Amour qui n’est pas aimé ; réparation qui fait d’ailleurs amende honorable en glorifiant les pacifiques triomphes de cet Eternel Amour. •

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