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Espagne – État de siège

Une armée de migrants subsahariens à l’assaut de Melilla

Une nouvelle tentative d’intrusion massive de migrants subsahariens dans l’enclave espagnole de Melilla au Maroc a tourné au déchaînement de violence et au bain de sang. Le gouvernement espagnol dénonce une attaque organisée par les mafias de passeurs. Plus que jamais, l’Espagne se trouve à l’avant-poste face à la submersion migratoire qui menace chaque jour davantage l’Europe.

Longtemps tendues, parce que Madrid faisait des grâces à l’Algérie et à sa marionnette du Polisario, les relations entre l’Espagne et le Maroc sont au beau fixe. Témoin les réactions du gouvernement espagnol après l’assaut de milliers de migrants subsahariens contre le preside de Melilla le 24 juin dernier.

Des images du Camp des saints…

Sans attendre d’être rentré à Madrid, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a salué – de Bruxelles où il participait à une réunion du Conseil européen – l’intervention des forces marocaines pour endiguer l’invasion : « Je voudrais remercier, au nom du gouvernement espagnol, le Maroc pour sa coopération extraordinaire en matière de lutte contre l’émigration clandestine. »

Il a également souligné la bonne coordination des forces espagnoles et marocaines pour gérer une situation de guérilla : « Toute ma solidarité avec les éléments des forces de l’ordre des deux pays qui ont été blessés lors de ces violents affrontements avec des migrants subsahariens qui ont illégalement tenté de franchir la clôture entre Nador et Melilla. »

Ce sont effectivement de véritables opérations de guerre qu’ont menées ces « candidats à l’émigration » (comme disent les médias mainstream), tous jeunes et pétant de santé : près de 200 blessés dans les rangs des forces de l’ordre, dont une dizaine grièvement.

Du côté des assaillants, on compte au moins 23 morts. Victimes non pas des forces de l’ordre, comme on a pu le lire ici et là, mais de sauvages bousculades entre migrants soucieux d’arriver avant l’autre et devant l’autre, ou de chutes (des deux côtés de la frontière) du haut de la clôture que certains avaient pu atteindre.

Un scénario récurrent : deux à trois mille personnes se massent à proximité de la clôture, poussant des centaines d’assaillants qui forcent l’entrée du poste frontalier avec le Maroc. Pour l’Espagne, il ne fait aucun doute que ces assauts répétés sont programmés par des mafias qui se livrent au trafic d’êtres humains entre le Maroc et Melilla, territoire espagnol : « Par conséquent, il s’agit d’attaques contre l’intégrité nationale de l’Espagne. »

Même situation à Ceuta, l’autre preside espagnol au Maroc, où, récemment, plus de 10 000 migrants avaient pu franchir la frontière, à la suite d’un « relâchement » – pour des raisons de pression politique, bien sûr – des contrôles du côté marocain. Madrid avait dénoncé « une agression » de Rabat et Rabat avait rappelé son ambassadrice en Espagne. Depuis, Madrid soutient Rabat au Sahara occidental. Ce qui explique la bonne coordination à Melilla où l’on est cependant passé à côté d’une tragédie encore plus grave.

Pendant le premier trimestre 2022, le Maroc a déjoué 14 746 tentatives de passages illégaux via les différentes voies maritimes et terrestres menant du Maroc à l’Espagne. Au cours de la même période, Rabat a démantelé 52 réseaux de trafic illicite de migrants et de traites d’êtres humains. En 2021, le Maroc avait neutralisé 63 121 tentatives de migration irrégulière vers l’Europe et avait démantelé 256 réseaux s’activant dans ce domaine. Un puits sans fond, hélas… •

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