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Message n° 6 aux lecteurs

Comme un air de Minitel…

Un lecteur, Philippe G., très attaché comme nous tous à la version papier et quotidienne de Présent, nous résume dans un long plaidoyer les raisons et les moyens de se battre pour continuer à assurer chaque année nos 252 publications quotidiennes.

« Je sais les difficultés pour convaincre de nouveaux lecteurs, précise-t-il. Votre dernière évolution graphique est excellente, vos couvertures efficaces mais il faudrait encore plus de matière culturelle pour convaincre et vous distinguer de l’info quotidienne ultra-accessible par les réseaux sociaux. […] Votre équipe sait fabriquer un quotidien de qualité… mais manque désespérément d’abonnés. »

Tout ceci est parfaitement vu. Oui, il y a un manque cruel d’abonnés. Notre lecteur « pense aux millions d’abonnés numériques des journaux américains ou même au Monde et au Figaro qui ont trouvé un soutien numérique à leurs quotidiens papier » et propose « une autre solution de sortie de crise ».

Mais ce que notre lecteur ne sait sans doute pas, c’est que sans Dassault – pour Le Figaro –, sans Niel et Kretinsky – pour Le Monde –, sans les budgets publicitaires apportés par l’Etat, la SNCF, la Poste, les grandes entreprises, notamment celles appartenant à… Dassault, Niel, Kretinsky, et les millions d’euros des aides légales, ces quotidiens n’existeraient plus. Cela fait longtemps que les quotidiens papier ne vivent plus de l’abonnement de leurs lecteurs.

De ce point de vue, Présent, qui n’a pratiquement vécu que du soutien de ses lecteurs, fait figure d’exception. Le basculement du papier vers le numérique accélère ce processus, tout simplement parce que l’abonnement numérique est très peu cher, dans un format où l’information est essentiellement gratuite.

Le modèle économique des quotidiens n’est pas celui d’une entreprise qui tire ses revenus de la vente du journal, il est devenu celui des radios et des télévisions réellement libres, il est celui de Radio Courtoisie, de TV Libertés, de Breizh Info, etc. Seule la générosité de quelques centaines de lecteurs a permis, année après année, de boucler miraculeusement le budget pourtant très serré de Présent.

Notre lecteur, qui a les pieds sur terre, continue : « Estimez le nombre d’abonnés papier et numériques dont vous avez besoin pour vivre sans peur du lendemain immédiat (peut-être 1 500 abonnés papier et 3 000 numériques) et proposez de poursuivre l’aventure quotidienne si vous les réunissez avant la fin de l’année, en faisant un décompte hebdomadaire dans Présent. »

Il est certain qu’avec 1 500 abonnés papier et 3 000 numériques de plus, cela permettrait au Présent quotidien de continuer à paraître, deux ans de plus, peut-être, sous forme papier. Et le simple fait de compter un total de 4 500 lecteurs nouveaux serait suffisant pour créer une très forte motivation au sein de l’équipe. Mais rappelez-vous : au début de l’année 2021, nous avions lancé une campagne pour conquérir 300 abonnés nouveaux. Force a été de constater que nous n’avons pas atteint ce chiffre. Certes, cette campagne est intervenue pendant le regain de crise sanitaire (couvre-feu et nouveau confinement), ce qui en a brisé l’élan. Mais qui plus est cette augmentation a été due, pour l’essentiel, aux nouveaux abonnés numériques, ce qui s’est traduit, en chiffre d’affaires, par une progression très modeste.

Les personnes qui sont prêtes à nous aider financièrement, de façon significative, et qui l’ont fait dans le passé, ont une approche de chefs d’entreprise. Ils nous disent en substance : « Quand un produit est devenu obsolète, quand il ne répond plus à l’attente des clients, il faut évoluer. Ne vous acharnez pas à faire survivre le Minitel à l’heure d’Internet. »

Pour notre part, nous croyons certes toujours à la presse papier, mais pour assurer une information qui ne serait pas concurrencée par les médias de l’immédiateté. Par exemple, comme vous le suggérez avec pertinence, « avec plus de pages, plus de culture, plus de pages pratiques, plus d’interviews, plus de quelque chose… ». Oui, c’est cela que nous voulons. L’hebdomadaire est plus adapté : en kiosque nous voyons bien que seul le numéro du samedi et les hors-séries sont rentables. C’est ce projet auquel nous nous attaquons.

Vous concluez : « Non, vous n’êtes pas faits pour un hebdomadaire ! » Nous allons vous prouver le contraire.

(Demain : le 7e et dernier « message aux lecteurs ».) •

Francis Bergeron, Françoise Pichard,
cogérants

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Chers amis de Présent,

Comme nous l’avons annoncé, notre quotidien a cessé de paraître avec le numéro du 30 juin 2022.

L'ensemble du site reste accessible aux abonnés et aux visiteurs, et il sera mis à jour régulièrement.

Nous travaillons actuellement à la suite de cette grande aventure de presse qui,
sous une autre forme, poursuivra le combat. Nous vous tiendrons informés des évolutions.

Merci pour votre soutien et votre fidélité.